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LYON 1er : EXPOSITION COLLECTIVE "PAR-DELA LE PAYSAGE" A LA GALERIE LE REVERBERE


Du 14/09/2019 au 28/12/2019
Galerie Le Réverbère, 38 rue Burdeau, 69001 LYON



Du 14 septembre au 28 décembre 2019,

 

"Par-delà le paysage"

Arièle Bonzon, Frédéric Bellay, Pierre Canaguier, Beatrix von Conta, François Deladerrière, Yves Rozet

 

Cette exposition traite du paysage comme genre, par-delà les protocoles et dispositifs qui souvent, à notre avis, déplacent le sujet. En effet le paysage est une « cosa mentale » c’est l’écran de projection d’un être au monde, c’est l’incarnation d’une pensée sous une forme qui s’empare des lieux.Chacun des 6 photographes impose son temps et son silence pour nous accompagner dans sa marche intérieure, son paysage mental. Ce n’est pas le sujet qui produit le paysage, c’est la manière de le recevoir, de lui donner présence et cette présence est celle du photographe. A l’égal d’un bon acteur, celui-ci prend la scène en main et kidnappe nos sens. Il faut dire que les scènes sont choisies, elles ne se valent pas toutes, chaque photographe a ses amours pour des territoires qui lui font écho. Il n’y a pas de définition du paysage, il ne se trouve pas au même endroit pour chacun. Nous savons bien que certains sites nous sont chers, qu’il suffit que nous projetions de nous y rendre pour que notre esprit se mette en route et produise des images. Un être des lieux apparaît. Le choix d’une destination n’est jamais anodin c’est un rendez-vous « une montée des circonstances » dirait Denis Roche. Là se trouve la « cosa mentale », dans la recherche et l’attirance des lieux qui répondent au plus juste aux états d’âme des photographes.

Le paysage n’est pas un sujet, « rien n’aura eu lieu que le lieu » écrit Stéphane Mallarmé. Seule la recherche du passage derrière le miroir des apparences, pour accéder à la rencontre avec le lieu, est le sujet : le silence du rendez-vous réussi. C’est une question de forme, une manière d’agencer les signes qui nomme les objets, c’est une proposition qui donne à voir une chose, sans pouvoir dire ce qu’elle est, et en murmure le sens. Point de protocoles pour atteindre cela, la solution n’est pas une recette que chacun à sa sauce déploie sur n’importe quel paysage pour le faire sien. Les processus intentionnels qui, à l’aide de règles, s’érigent en apparence, font que le paysage devient un sujet ; ils ne mettent en avant que les dispositifs, alors que nous sommes convaincus que le paysage est une rencontre.Chaque photographe chargé de son histoire, de sa culture, de sa différence, entre en dialogue avec des lieux, c’est une écoute, une photo sensibilité. Nous sommes loin de la ressemblance uniforme d’un sujet, qui se différencie seulement par sa mise en scène.

Ici, les 6 photographes sont bien « par-delà le paysage » ; ils en dépassent l’horizon. Ils marchent vers l’endroit où ils se tiennent, ils tentent de faire de la photographie une langue des bords, ils progressent d’un pas dansant, l’œil collé au cadre pour déposer celui-ci de façon à trancher l’air qui enfermera leur paysage. Cette chorégraphie est sans cesse reprise, améliorée pour saisir l’incroyable fixité dans laquelle l’instant et la forme trouvent leur certitude : « danse de l’esprit parmi les mots » (Ezra Pound).

Arièle Bonzon, Frédéric Bellay, Pierre Canaguier, Beatrix von Conta, François Deladerrière, Yves Rozet, tous aiguisent leur perception de perte, où l’esprit s’incurve dans sa terrible nudité à la limite de la rupture, pour laisser le paysage surgir. Chacun cherche à concentrer, à consumer dans le regard d’un instant, le cheminement de son temps.

Jacques Damez




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