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PARIS 3e : EXPOSITION ORSTEN GROOM "POMPEII MASTURBATOR" A L'ESPACE OPPIDUM


Du 13/11/2019 au 08/12/2019
Espace Oppidum, 30 rue de Picardie, 75003 PARIS



Du 13 novembre au 8 décembre 2019,

 

Orsten GROOM

"Pompeii Masturbator"

 

 

Commissaire : Olivier KAEPPELIN

 

Orsten Groom fait son grand retour sur le devant de la scène picturale en solo. Sous le commissariat d’Olivier Kaeppelin, l’exposition « POMPEII MASTURBATOR » à l’espace Oppidum présente une sélection de sa production récente. Le plus souvent de grands formats, les tableaux d’Orsten Groom se présentent comme « art pariétal post-historique », fresques au fatras apocalyptique saturées de matières et de créatures convoquées depuis le « flot des origines », par un processus d’enquête kabbalistique. L’exposition parisienne réunit une vingtaine d’œuvres inédites, de grands et moyens formats.

La peinture d’Orsten Groom s’impose sur de grandes toiles peuplées de figures surgies d’un futur antérieur, enchevêtrées par les mythologies et les archétypes grotesques de danses macabres glanées par un détective de la langue, archéologue amnésique et épileptique. Sa matière est dense, volcanique, habitée comme les foies antiques d’un rituel divinatoire.

« Ma peinture semble s’organiser par une iconologie qu’on pourrait qualifier de dostoïevskienne – la polyphonie, l’effet de foule et de télescopage – et celle d’une situation générale de crise, d’emprise, selon un principe de saturation et de neutralisation paroxystique. »

« Groom pense la couleur comme valeur. Il sait la puissance de chaos de la couleur, sa puissance d’anarchie. Malgré tout, il la domine en pensée. Groom change les couleurs en valeurs complémentaires, qui se complètent aux quatre coins du cadre. En cela, son « fatras » reste un échiquier et Groom retrouve ici Mondrian. Par son intuition de la peinture comme coulée de boue, Orsten Groom serait une sorte de peintre pompéien. Groom utiliserait l’éruption du volcan, l’éruption du volcan de la peinture afin de radiographier la présence des figures humaines. Les silhouettes de ses tableaux ressemblent ainsi parfois à des décalcomanies fossiles », écrit Boris Wolowiec.

« POMPEII MASTURBATOR » : le titre de l’exposition fait référence à l’une des victimes pétrifiées par l’éruption du Vésuve. En effet, un homme a été retrouvé allongé sur le dos, en train de se masturber au moment de la catastrophe, de se « réjouir avec la réjouissance du volcan ». Les archéologues l’appellent « Le masturbateur de Pompéi » : Pompeii Masturbator. « Tout ce qui monte converge », disait Chardin, et converge dans le même surgissement amniotique, la même connaissance amniotique de la pulpe de peinture, sperme et lave dans le même élan vers l’élan de l’art qui toaste avec le monde. « L’art prend soin de l’art, joue avec lui-même et emporte tout dans la jouissance de son flot. Par ce titre, POMPEII MASTURBATOR, je me remets radicalement à cette puissance de vie, comme « le plus court chemin de nous-mêmes à nous-mêmes est l’univers » (Malcolm de Chazal) », commente l’artiste.

 

Olivier Kaeppelin

Ma première sensation, mon premier sentiment, ma première vision furent celles d’une étonnante, d’une enivrante dépense, au sens où l’entend Georges Bataille, un don d’une énergie qui se justifie et se comprend par son « aspect » tel que l’envisage Wittgenstein pour la musique c’est-à-dire par un déploiement qui exclut tout marchandage avec les conventions esthétiques.

Cette dépense génère sur la toile des couleurs, des mouvements, des réseaux d’association et d’échos qui ne se résolvent jamais dans la recherche d’une « expression » comme nous l’entendons pour « l’expressionnisme ». Orsten Groom n’est pas un peintre expressionniste.

Les gestes, constructions, les compositions qui sont les siennes ont un rythme, une économie qui sont avant tout des libertés d’allure et d’invention. Il ne s’agit jamais de pérégrinations d’un « égo » créateur cherchant un style fait d’accents, d’additions repérables, afin de transmettre sa poétique et sa vision d’un monde valant pour l’identification d’un nom, pour la vie et le nom du peintre.

Au contraire, cette dépense, ses accumulations, ses superpositions offertes, ce don, blanchissent la toile c’est à dire sa grammaire et ses lexiques tributaires du symbolique. Ils sont des chemins, des « champs de bataille » nous entraînant vers une neutralisation, une annulation des formes par le jeu d’énergies contraires qui interdit toute appropriation par la reconnaissance et le langage. Si, au bout du compte, je les attribue à un « être », alors c’est l’être de la peinture. Il est le guide et la maîtresse d’Orsten Groom. C’est par elle, par les actes qu’elle inspire que se découvre le sens de son aventure, de l’expérience, du réel qu’elle nous offre.

C’est pour cela que captivé par ses œuvres, l’émotion intense de me trouver au coeur de ces étonnantes constructions m’a immédiatement retenue. Ce trouble est semblable à celui que j’éprouve dans les grottes de Lascaux ou de Chauvet, devant les tableaux du Greco ou de Picasso ou encore au XXe siècle devant l’œuvre essentielle de Gérard Gasiorowski.

Avec ces guetteurs, ces éveilleurs, auxquels vient désormais s’ajouter Orsten Groom avec eux, c’est l’histoire et le corps de la peinture qui nous enlèvent, ouvrent l’espace.

 

Vernissage le 13 novembre 2019




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