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PARIS 3e : EXPOSITION JORGE ALBERTO CADI "EL BUZO" A LA GALERIE CHRISTIAN BERST


Du 12/10/2019 au 23/11/2019
Galerie Christian Berst, 3-5, passage des gravilliers, 75003 PARIS



Du 12 octobre au 23 novembre 2019,

 

 

Jorge Alberto Cadi

"el buzo"

 

L’œuvre de Jorge Alberto Cadi – né à la Havane en 1963 - exhale une cubanité emplie de saudade, d’autodérision, de critique sociale et d’une infinie tendresse pour notre condition de mortels.

« El Buzo » - le plongeur – ainsi que le nomment les havanais, arpente inlassablement les rues de la ville en quête de ses rebuts, de ses objets déclassés. Depuis plus de vingt ans, tel un glaneur d’Agnès Varda, il collecte valises, boîtes, photographies et coupures de journaux dont il croise les destins, au propre comme au figuré. Non pas pour les réhabiliter, mais parce qu’il décèle dans ces objets un fort potentiel d’extrapolation, de merveilleuses possibilités narratives.

Cadi procède autant par hybridation que par concrétion, collant ici, découpant là, cousant ceci avec cela. Boltanskien dans son usage mémoriel de la photographie, warholien lorsqu’il coud des greffons d’images entre eux, El Buzo cherche avant tout à révéler ce que ces images cachent.

À première vue, même s’il se livre dans ses photomontages – à la manière d’une Hannah Höch – à une satire sans compromis des normes bourgeoises et religieuses, ses sujets demeurent continuellement en prise avec nos affres les plus archaïques : les fantômes sont-ils tapis dans l’ombre comme des remords ou comme les traces de nos chers disparus ? Les personnages décapités portent-ils leur tête en signe d’aliénation ou, comme saint Denis, de résurrection ? Les attributs diaboliques dont ils sont parfois affublés sont-ils la marque de nos démons intérieurs ? Les vedettes de cinéma à la beauté flétrie nous renvoient-elles à notre propre déclin ? Les lèvres cousues et les regards vides nous rappellent-ils notre infirmité à dire et à voir ?

Quant aux annotations et croquis énigmatiques dont Cadi accompagne parfois ses compositions, ils agissent comme un double-fond renfermant un sens plus enfoui encore.

Seule l’omniprésence des croix est élucidée : « tu vis dans cette bataille de ne pas faire face à ta croix, “regarde ta croix” ! »

Quoiqu’il en soit, Cadi ne se départit jamais de sa bienveillance, voire de sa compassion. C’est notamment vrai lorsqu’il infléchit le fatum de ces exilés du passé en les invitant à d’improbables rencontres sur et à l’intérieur de ses valises et de ses boîtes.

« Quand tu fermes la valise, tu réunis des personnes qui ne se sont jamais vues. Ils retournent voyager... Parfois dans une autre dimension. »

Ainsi donc, la valise – symbole, à Cuba, du déchirement, de l’errance, des séparations – redevient le lieu des possibles et des retrouvailles inattendues, le réceptacle de l’espoir.

 

 

 




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