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BRUXELLES : EXPOSITION JEROME ZONDER "JUSQU'ICI TOUT VA BIEN" A LA GALERIE NATHALIE OBADIA


Du 07/09/2021 au 23/10/2021
Galerie Nathalie Obadia, Rue Chalres Decoster, 1050 BRUXELLES



Du 7 septembre au 23 octobre 2021,

 

JEROME ZONDER

"Jusqu’ici tout va bien"

(Etudes pour le portrait de Pierre-Franc?ois)

 

La Galerie Nathalie Obadia est heureuse de consacrer une quatrie?me exposition a? l’artiste Je?ro?me Zonder et sa deuxie?me a? Bruxelles depuis 2016. Conside?re? comme l’un des plus grands repre?sentants du dessin contemporain, il expose ici un ensemble de portraits, espaces de collision graphique ou? les diffe?rents re?gimes d’e?criture de?ploient un monde psychique en pleine transformation. Ces « e?tudes » s’inscrivent dans la continuite? de ses recherches autour de l’adolescence de Pierre-Franc?ois, personnage fictif emprunte? au film Les Enfants du Paradis de Marcel Carne? (1945) et omnipre?sent dans son œuvre. Des petits formats faisant office « d’images sources » aux grandes compositions partage?es entre ces multiples occurrences s’esquisse, au dela? de l’histoire intime, un pan de l’humanite? a? l’e?re anthropoce?ne.

Depuis pre?s de vingt ans, Je?ro?me Zonder de?veloppe un syste?me polygraphique accordant une large place au portrait, ou? la question de la repre?sentation va de pair avec celle de l’identite?. L’enjeu est de trouver une forme qui au-dela? de figurer son sujet l’incarne. Cette que?te d’une ligne juste passe par des traitements graphiques dont la diversite? est a? l’image de la complexite? du rapport a? soi et au monde : trace? hyperre?aliste, style comics, pratique du motif, touche a? l’empreinte, aplats a? la poudre de fusain, clarte? ge?ome?trique, monochrome ou vide abyssal... Cette pluralite? du dessin est mise en relation avec diffe?rents registres d’images issus d’une culture visuelle commune : archives historiques, peintures iconiques, extraits de films, symboles et de?tails me?tonymiques constituent un encheve?trement narratif, te?moignant d’un rapport compulsif mais ne?anmoins salutaire aux images de notre temps.

Paradoxalement, le choix d’une e?conomie de moyens concourt aussi a? l’approfondissement du sujet, a? son expression de?cuple?e : le noir et blanc de rigueur incarne a? la fois la me?moire historique et la matie?re grise du personnage, tandis que le fusain de?pose a? la surface du papier un des principaux composants mole?culaires du corps humain, le carbone.

Ainsi, les portraits de Je?ro?me Zonder re?ve?lent toutes les puissances exte?rieures qui traversent et de?terminent l’e?tre humain autant qu’ils rendent palpable sa consistance physique, parfois atome par atome. Il n’est pas rare, en effet, que le support s’y fasse chair, comme une peau qui aurait mal cicatrise?, a? l’instar des Portraits d’adolescents.

L’adolescence de Pierre-Franc?ois est donc de facto le terrain d’une mutation, d’une affirmation du dessin et a fortiori celui d’un choc entre toutes ces intensite?s contradictoires. D’un point de vue graphique, il s’agit pour l’artiste de « sortir du confort de l’image », de faire advenir, dans le dessin, un de?se?quilibre. L’exposition pre?sente en effet trois portraits de Pierre-Franc?ois en Arlequin tous construits sur une tension visuelle, issue d’un frottement de factures, d’une rupture de ton. Sur l’un, c’est la rigueur du quadrillage et des diagonales tranchantes en contraste avec un corps vou?te?, irre?solu, ployant sous l’accumulation de donne?es ; sur l’autre, c’est la base me?me du dessin qui est acrobatique, Pierre-Franc?ois reposant sur la pointe d’un triangle, tandis qu’on le retrouve te?te-be?che sur le troisie?me. Ce sentiment de vertige culmine avec une œuvre litte?ralement sens dessus dessous, de?barrasse?e de toute ossature et sature?e d’e?le?ments importe?s : c’est l’entre?e la plus explicite et la plus assume?e dans la « matie?re grise » de Pierre-Franc?ois et toutes les luttes dont elle est l’objet.

Cette « dichotomie hyste?rique » est renforce?e par une violence sous-jacente, qu’assure la dimension me?morielle des œuvres. Un jeu complexe de re?miniscences, d’e?chos et de citations visuelles prend forme dans une esthe?tique qui e?voque le collage et le cubisme. Si plusieurs inserts fonctionnent comme des allusions a? des e?ve?nements traumatiques de notre histoire (foules anxioge?nes, ombres menac?antes), Je?ro?me Zonder pousse encore plus loin cette mate?rialisation d’un inconscient collectif a? travers des de?coupes ou? ne subsiste plus que la forme d’un the?me aborde? ailleurs. Une pre?gnance re?tinienne souligne?e par les nombreux yeux qui ponctuent l’exposition.

Filant l’humour noir du titre, « Jusqu’ici tout va bien », le de?tournement cynique des sources d’inspiration proce?de du me?me choc des contrastes. Une fois n’est pas coutume, l’univers de l’enfance y apparai?t dans toute sa noirceur ambigue? : Arlequin prend des allures d’otage cagoule? tandis que les livres de jeunesse sont convoque?s sous la forme d’un lapin cauchemardesque.

En ve?ritable artisan de l’image, Je?ro?me Zonder affirme une fois de plus que le dessin est avant tout « la pense?e qui se pratique avec la main », enclin a? son perpe?tuel e?largissement.




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