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Elizabeth MARION-ROUSSEY

Bab.marion@gmail.com
8 rue des Mouchettes
92190 Meudon

Elizabeth Marion Roussey découvre les arts plastiques au Lycée-pilote de Sèvres. Le dessin sera sa première passion. Peut-être est-elle héritée de ses grands-pères, tous deux peintres, cultivée par des parents d’avant-garde qui n’ont pas tardé à mettre, dès l’enfance, des kilos de pâte à modeler entre les mains de leur progéniture ? Toujours est-il qu’au Lycée de Sèvres, elle découvre la terre que, spontanément, elle aime travailler. Le parcours de l’artiste est totalement atypique. Avant d’aborder véritablement la sculpture, elle a mené une carrière d’infirmière-puéricultrice qui l’a conduite vers l’illustration d’ouvrages pour enfants : Cahiers de la puéricultrice, Encyclopédie de l’Enfant, Manuel de l’assistance maternelle… D’abord, elle a croqué les enfants sous toutes les coutures, puis un jour elle s’est mise à les modeler dans la terre, passant ainsi à la « troisième dimension ». De retour en France après un séjour à l’étranger, elle s’est attachée au travail de la terre, notamment avec l’atelier collectif de Jacqueline- George Deyme qui lui a donné les bases de son art et lui a appris à travailler à partir de modèles vivants. Lors d’expositions de groupe, Elizabeth Marion Roussey a fréquemment été remarquée, notamment par d’autres artistes qui sont devenus ses formateurs. De belles rencontres qui l’ont emmenée… ailleurs. C’est ainsi que Robert Fachard l’a initiée à la taille de la pierre, Jean-Dominique Giacometti à la taille du marbre, Nicolas Kenneth à la sculpture animalière et Laurent Celton au portrait. Ce dernier lui a permis de réaliser différents bas-reliefs, entre autres, un médaillon du maire d’Eponnes. Geneviève Zang, sculpteur et amie de l’artiste, l’a également toujours encouragée. Aujourd’hui jeune retraitée, l’artiste peut désormais sculpter à plein-temps, s’adonner à sa grosse passion qui, à l’heure actuelle, éclipse totalement sa première vie. Elizabeth Marion Roussey est dotée d’une riche imagination grâce à laquelle « l’œuvre sort très spontanément ». Elle se sent aujourd’hui « absolument sculpteur et enfin dans sa peau ». Même si elle sculpte maintenant différents sujets, sa préférence va toujours aux enfants. Pour le plaisir, elle les représente souvent en médaillon ou en buste. Elle a aussi eu le bonheur de forger l’épée de son frère, académicien. Elle estime avoir « des choses à dire » mais ne sait pas toujours très bien comment les exprimer. Elle ne « se retrouve pas dans l’art actuel ». La figuration qui, pour nombre d’artistes contemporains, ne serait pas dans la mouvance est souvent bafouée. Et pourtant… mieux vaut un bon travail figuratif qu’une mauvaise œuvre abstraite… cela ne signifiant nullement que le figuratif est systématiquement bon et l’abstraction mauvaise ! Tout est question de dosage… Et ceci reste valable dans tous les domaines ! Elizabeth Marion Roussey a la chance de vivre à Meudon, une belle ville riche de peintres et de sculpteurs. Elle y a cependant un petit lieu où il lui est difficile de travailler commodément. C’est pourquoi elle sculpte essentiellement en province, du côté de Besançon, où elle dispose d’un plus vaste atelier. « La sculpture, nous confie-t-elle, ça prend de la place et ça fait du bruit. C’est aussi un moteur formidable… » A Elbeuf-sur-Seine, le public peut admirer ses bébés et jeunes enfants dont l’expression du visage est étrangement grave, sérieuse. Citons « L’enfant au loup » (résine), « Progression » (pierre de Lavoux), « Petits frères » (résine) et «Pierre et Paul » qu’il est aisé de mettre en parallèle, « Petit penseur » (terre cuite), « La sieste » (résine) qui réunit le père et l’enfant, «L’enfant au fennec » (pierre de Caen), « Fillette aux oignons » (résine), « Tortue à l’enfant », tortue chevauchée par un enfant-grenouille. « Cécile au piano » (résine), l’une de ses premières réalisations, « Ti-Gibus », bas-relief en plâtre. Enfin « Carminos » (résine), tête d’enfant africaine vers laquelle se dirige notre préférence ainsi que vers « Père et fils » (Terre cuite) qui, à notre sens, est d’une grande finesse et tout particulièrement réussie. Aujourd’hui, comme le peintre Guy Nouchy, autre invité d’honneur du Salon d’automne, comme tant de sociétaires exposant à ses côtés, l’artiste a besoin de passer à autre chose. Elle s’observe et sent bien que son travail avance. Ses dernières pièces se sont spontanément épurées et elle s’intéresse de plus en plus à l’expression des visages. « Vers quoi vais-je aller ? », se demande-t-elle. Vers l’albâtre et le marbre, étonnants matériaux lorsqu’on les travaille, ou la pierre qu’elle aborde en taille directe ? Ces derniers temps, elle s’est livrée à un exercice inhabituel : la réalisation de personnages de crèches qui l’oblige à respecter un style. Autant de voies ouvertes qu’elle empruntera ou non. Et il en existe tant d’autres que, qui sait, elle aura envie d’en explorer quelques-unes ?




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