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SAINT-AUBIN-LES-ELBEUF : SALON DE PRINTEMPS A LA SALLE DES FETES


Du 06/04/2013 au 14/04/2013
Salle des Fêtes, Rue Léon Gambetta, 76410 SAINT-AUBIN-LES-ELBEUF



Du 6 au 14 avril 2013,

 

Salon de Printemps de Saint-Aubin-lès-Elbeuf

 

 

Depuis près de 70 ans, la critique détaillée des Salons proposés tout au long de l’année par La Société des Artistes Elbeuf Boucle de Seine à Elbeuf-sur-Seine, Caudebec-lès-Elbeuf et Saint-Aubin-lès-Elbeuf, était publiée dans Le Journal d’Elbeuf. A partir de ce printemps 2013, ce ne sera plus possible. Aussi, Jacques Duval a-t-il spontanément accepté d’ouvrir sur le site www.art-culture-france.com une rubrique qui accueillera cette critique et permettra aux artistes, lecteurs et visiteurs qui y sont attachés à la retrouver.

 

Le Salon de Printemps de Saint-Aubin-lès-Elbeuf est, cette année, d’une bonne tenue. Il accueille 73 peintres, aquarellistes, graveurs, sculpteurs et maître-verrier dont Anne-Marie Houdeville qui en est l’invitée d’honneur. Depuis peu, le collage y tient aussi une bonne place, tout comme la mosaïque au Salon d’Elbeuf, par ex. Les « nouveaux » y sont de plus en plus nombreux et nous avons la chance qu’ils soient souvent doués d’un certain talent. Pour ce qui est des « anciens », ils nous semblent progresser régulièrement. Ce Salon printanier, qui a ouvert ses portes le samedi 6 avril en présence de Didier Marie, Président du Conseil Général de Seine-Maritime, Jean-Marie Masson, Maire de Saint-Aubin-lès-Elbeuf et Eliane Guillemare, Seconde adjointe à la Mairie, est donc placé sous le signe du renouveau et de la qualité.

 

 

Les prix

 

Prix de la Ville : Thierry Lopez pour le n°102

Coup de Cœur de la Ville : Bernard Le Hénaff pour le n°93

Grand Prix du Salon : José Billaux pour le n° 30

Prix Christian Gautier : François Joly pour le n° 83

Prix du Jury : La Boukle pour le n°87

Prix Autres techniques : Nico pour le n°115

Prix de la Création : Laurent Mustel pour le n°111

Prix de la Recherche : Isabelle Zéo pour le n°143

 

 

Sans plus attendre, voici la critique détaillée de ce Salon. Elle sera suivie d’un portrait de l’invitée d’honneur, Anne-Marie Houdeville.

 

 

De la part de Liliane Alazard, un jongleur très coloré peint à l’acrylique. Un joli mouvement. Une certaine recherche au niveau de la matière. Un dessin et une technique qui reste à affiner.

 

Mariane André nous propose 4 collages sur papier. De la poésie, une certaine philosophie même, un clin d’œil au temps, à la mort, au devenir et aux défauts de l’homme. Et de la femme, bien sûr ! Une certaine ironie aussi, jamais méchante… dans ses Envol, Mâle, absolument…, Arrogance et Sérénité. Une intéressante recherche.

 

De la part de Françoise Angot-Lacoste, une cathédrale semi-abstraite jouant avec les bleus et les mauves. Une certaine recherche autour de la matière.

 

Axma travaille aussi sa matière. Deux visages, féminin, masculin, un mélange de couleurs plutôt sombres et un résultat pas mauvais du tout.

 

Changement d’ambiance, cette fois, pour Ludovic Barbaray qui nous présente ici deux œuvres vouées à la mer. Une mer démontée où de fins esquifs tentent de sauver leurs peaux… Du raffinement comme à l’accoutumée. Le mouvement de la vague serait peut-être plus délicat sur la Mer intérieure que sur la Mer du Nord.

 

Daniel Bergès nous propose deux sympathiques aquarelles traitées de manière personnelle : L’arbre et Le phare aux teintes grisées. 

Daniel Bergès

 

Beau travail classique signé José Billaux, lauréat du Grand Prix du Salon. Belle composition, beau travail de matière, bonne exploitation de la lumière de la part de ce peintre nostalgique et réservé qui aime à peindre les lieux désertés, oubliés, les escaliers ou les ouvertures. Les chats également. Ici, quelques-uns de ses petits protégés… Et quelque part aussi, un chien…

José Billaux

 

Deux œuvres dédiés au végétal de la part de Véronique Carpentier. Seulement au végétal ? Pas que… Si le vert et le jaune dominent, un serpent se glisse dans le décor au point de (presque) se confondre avec lui. Plutôt sympathique même si la technique a encore besoin de s’affirmer.

 

De Marie-Thérèse Castel, toujours un superbe graphisme. Un magnifique travail sur le visage en ce qui concerne ses deux pastels et une belle exploitation de la lumière (clair-obscur) pour L’attente.

 

Francis Caudron ( www.francis-caudron.com ) nous laisse entrevoir le printemps grâce à ses deux roseraies colorées présentées sous forme de kakémonos. Des roses, bien sûr, et toute une variation de bleus peints sur un support à la fois souple et rigide. Un artiste qui nous réserve toujours bien des surprises sans jamais faillir.

 

Chris Del est plus abstraite que figurative. Elle a un univers très personnel, tout intérieur. Les pavots qu’elle nous montre ici sont verts, rouges et roses sur fond gris. Tout autour d’eux, une sorte de petites boîtes où l’artiste enferme ses secrets, à moins qu’il ne s’agisse d’un album de famille égrené de part et d’autre…

 

Christina reste fidèle à elle-même. Nous sommes moins sensible à son n° 39, Le passage qu’à sa Chrysalide, peut-être à cause de la rondeur de cette dernière. Joli mouvement.

 

Une Fortitude abstraite sur fonds verts à l’acrylique de la part d’Alain Corblin. Jets de peintures qui semblent  (presque) tout droit sortis du tube et une forme de calligraphie.

 

Janine Delestre reste fidèle à elle-même avec son mélange d’architectures très colorées. Du contraste donc, tant au niveau des formes que des couleurs éclatantes.

 

Charles Demarest nous ouvre Les portes de l’imaginaire. Un monde intérieur qui reste très coloré. Des immeubles et clochers qui continuent de danser. Nous retrouvons encore ses pavés de couleurs, orangés et noirs et des briques rouges, vertes, bleues et noires.

 

Daniel Denis reste fidèle à la photographie en noir et blanc avec son funambule appréhendé de 2 manières différentes et une exploitation du clair-obscur.

 

Recherche abstraite pour Alain Devaux. Sorte de triptyque où se conjuguent différents bleus sur fond noir pour le n° 48, Mémoire 4,  et jeux de carrés dans les verts et les jaunes pour Mémoire 7. Un travail sur la matière et sa transparence pour le n°49, sur l’épaisseur pour le n°48.

 

De la part d’Agnès Dévé, un mélange d’abstraction et de figuration. Plus proche cependant de l’abstraction que de la figuration. Une certaine recherche au niveau de la matière. Une artiste qui nous semble en pleine progression. Notre préférence irait franchement au n°51, Vertige.

 

Patricia Dubreuil nous surprend encore même elle reste fidèle à son graphisme et à ses couleurs : rouge, noir, orangé, or… De la finesse dans ses deux œuvres sous verre et sur fond blanc. Sympathique.

 

2 œuvres abstraites de la part de Ghislaine Dypre, Roue libre et Voile. Une Voile qui joue avec le voile et le net…

 

2 aquarelles hivernales signées Joseph Ferrero et le pari du blanc sur blanc… pour son Attelage nordique. Son Frimas, quant à lui, est gris-bleu. Nous aurions une préférence pour ses œuvres antérieures.

 

2 aquarellesde la part de Louis Févrot. Un nu, Modèle vivant et un Sans titre. Une figuration abstraite peut-être un peu décevante par rapport à ce que nous connaissons de lui.

 

D’Edwige Figura-Schachmann, un Mont Saint-Michel et ses reflets qui nous ravit moins que sa Lieutenance Honfleur où le bleu-vert domine autour de l’ocre de la Lieutenance. Une matière très travaillée.  

 

Cette fois, Pascal Frémond nous réserve une surprise… avec deux œuvres traitées à l’acrylique aux frontières de l’abstraction. Temps gris prend des teintes gris-vert tandis que son Lever de soleil arbore des couleurs vives : jaune, rouge, bleu, roses. Deux toiles insolites de sa part et une peinture très dépouillée. Le noir et blanc sur papier nous semble mieux lui convenir.

 

D’André Galichet, une nature morte sous la forme d’un diptyque vertical dans des tonalités grises. Des étagères où sont posés des objets parfois insolites. L’artiste travaille sa matière comme à l’accoutumée.

 

Deux collages soignés, signés Jean-Mary Gallais et une réflexion philosophique sur le devenir de notre monde que nous traitons de telle manière que l’homme ou l’ours polaire deviennent des Jjetables ! L’évolution ? suit le même état d’esprit. Entre le singe et l’homme, où est l’évolution ? De quoi interpeler le visiteur et mettre sa propre réflexion en mouvement !

 

De Martine Giloppé, 4 œuvres numériques jouant avec le rajout, la superposition. Elle poursuit sa quête entre infiniment petit et infiniment grand. Ici, autour de la goutte d’eau, de l’arbre, du végétal avec de beaux contrastes de couleurs.  

 

Nicole Gouard-Deperrois nous propose deux nus en terre cuite dont la belle patine ambrée pourrait presque nous donner l’illusion du bronze. Des lignes un peu anguleuses et point de visage tant pour sa femme Libre que pour sa nonchalante Ensoleillée.Sympathique.

 

Des collages intéressants de la part de Stéphane Grolaud qui nous donne à voir ici deux New Orientalistes. Un travail de matière au niveau des fonds, une certaine finesse pour l’ensemble et derrière tout cela une vraie philosophie.  

 

Pour Guy Henry, deux nus féminins, sortes d’études à l’aquarelle. Un travail toujours de bonne tenue.

 

De la part d’Hélène Henry, l’Orient en question à propos d’une lettre lue par un aïeul entouré de sa famille, grappe humaine concentrée, voire inquiète. Bon rendu de cette concentration ou inquiétude. Des couleurs sombres et un travail de matière sur les fonds. 

 

Josiane Hurard nous met dans de beaux draps… Un délicat travail à l’aquarelle autour du linge de lit, Oreillers douillets et Lit du matin. Des draps qui se plissent et qui bougent, du blanc sur blanc auquel viennent se mêler les bleus et les mauves. Si la technique a encore besoin de s’affiner, l’artiste sort bien son aiguille d’un jeu pas si aisé !

 

Nelly Huray marie subtilement les blancs. Une vraie gageure que ces Oiseaux, colombes ou pigeons, fondus dans le décor. Une technique sympathique qui mériterait encore de s’affiner.

 

Véronique Jagou reste fidèle à elle-même avec son Voile bleu (jeune fille africaine) et un nu féminin dans les gris-noirs. Un beau travail sur la lumière et toujours un superbe dessin.

 

De Michèle Johner, 2 toiles vouées à Dame Nature. La danse d’arbres aux troncs noirs et aux feuillages chatoyants. Un agréable travail de matière et bien un peu d’abstraction là-dedans !

 

François Joly ne nous déçoit pas avec son poétique (et fantastique) Mettre les voiles. L’accent est mis sur les voiles, l’architecture, les clochetons, des montagnes rocheuses où quelques arbres parviennent à pousser, une rose des vents… La technique (figurative) reste superbe. A juste titre, son œuvre a été primée (Prix C. Gautier).    

François Joly

 

Anne-Marie Jouando travaille sa matière. De la lumière dans son Regard. Un Horizon plus gris. Dans les deux cas, une épuration certaine qui nous rapproche de la figuration abstraite. Sympathique.

 

De KBD, un couple, un homme et une femme blottis l’un contre l’autre. Et un autre couple, à moins qu’il ne s’agisse du même en 2 exemplaires. Un travail de matière qui joue avec l’épaisseur.

 

La Boukle nous propose deux grands formats abstraits et plein de couleurs parfois éclatantes. Une certaine gaité dans tout cela, de la géométrie aussi avec des jeux de cercles et de carrés, des jets et éclaboussures de peinture. Une matière très travaillée au niveau de l’épaisseur et de la surépaisseur. L’artiste, fraîchement arrivé au Salon, est lauréat du Prix du Jury avec son n°87, Multicolors.

La Boukle

 

2 huiles abstraites de Jean-Marie Laurence. De la couleur, une certaine recherche autour de la matière. Pas inintéressant et même sympathique. Peut-être l’artiste gagnerait-il à épurer encore son travail.

 

Un diptyque sombre (grand format) de la part de Jérémy Lebouteiller, Lycope. L’artiste reste fidèle à son style bien personnel. Nous sommes maintenant accoutumés à ses personnages proches de la B.D. ou (et) de la Science-fiction. Une œuvre qui s’affine et s’affirme de plus en plus. 

 

Chantal Le Guillarme travaille sa matière, l’épaisseur et la surépaisseur. Elle utilise aussi le collage et le tissu pour un jeu de graphismes très colorés. Elle nous présente 2 œuvres à l’acrylique, 2 Urgence du signe

 

Jean-Bernard Le Hénaff est leCoup de Cœur de la Ville de Saint-Aubin-lès-Elbeuf avec ses musiciens. L’un à la guitare, le second au violon. Beau travail de clair-obscur ici aussi, belle étude du geste et de l’expression des musiciens.

 

Belle inspiration semi-abstraite pour Marie-France Le Hénaff qui nous emble en pleine progression. Des teintes pastel, grisées dans les bleus, roses et mauves. Un travail sur l’architecture pour le n°95. Le n°96 est plus abstrait encore et ses couleurs sont plus vives. Notre préférence irait au n°95.

 

Un travail de matière autour du feu, de l’incendie pour Le May Diem Thuy. Une recherche délicate entre le lisse et l’épais. Au final, un assez beau rendu.  

 

Le titre de l’œuvre de Lili, Stellaire, rend parfaitement compte de son propos. Beau travail de matière et beaux effets de lumière. Une affaire rondement menée !

 

Autre registre pour Thierry Lopez (Prix de la Ville de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, amplement mérité, pour le n°102). Du pastel cependant, et toujours une belle maîtrise de son art pour servir cette fois, la musique (Les contrebassistes et Valery Giergiev 2). Pour ce dernier, un beau travail tout en clair-obscur entre une main (premier plan), un buste et un visage barbu.

 

PAM.MAP Lorot nous présente son « gai sanglier ». Une tête de sanglier sur fond sombre émergeant d’un buisson. A moins qu’elle ne soit coupée et mise en scène ? Le doute est permis !

 

Un beau dessin stylisé de la part d’Alexis Loutrel. Intéressante composition pour la scène de plage, Bonbon et compagnie. Des personnages sans visage et de la couleur. Du contraste aussi entre la foule estivale, la mer, le ciel où oscille un cerf-volant et la mer, libre, sereine, immense… Il nous propose également tout un jeu d’équilibre autour d’étagères ou d’une bibliothèque où se côtoient des livres… mais aussi 1000 et 1 objets hétéroclites… A suivre.

 

D’entrée de jeu, le visiteur se dirige spontanément vers les deux tapis de Nico, l’un aumur, l’autre au sol. Et on a le droit de marcher dessus ! C’est comme ça : ils vous attirent irrésistiblement… de la couleur adoucie par le blanc, des visages tout ronds, des regards tristes ou joyeux, une certaine géométrie et un clin d’œil à l’Afrique avec un trio de petits personnages stylisés que l’on retrouve ailleurs au fil du Salon via deux œuvres murales horizontales dédiées elles aussi à l’Afrique. Une belle découverte qui n’a échappé à personne… Nico est lauréat du prix Autres techniques avec son n°115. Jusqu’au 14 avril également, il expose au Salon de Vandrimare où il a aussi été primé ! A suivre.

Nico

 

 

Joli Chaos solaire de la part de Fabienne Mary. Un triptyque abstrait, un bel agencement des couleurs vives avec des dominantes bleues, orangées et bien sûr,  des jaunes éclatant et plus pâle.

 

Morini gagnerait sans doute à adoucir légèrement ses couleurs. Une belle recherche de matière. Tout un jeu d’épaisseurs tant pour son Eté à la montagne que pour son Entre mer et montagne. Une figuration traitée de manière originale.

 

Deux belles sculptures de la part d’Anita Morisset. Belle exploitation de la matière tant pour son buste de femme africaine, Suku, que pour sa séduisante tête de Faune irisée qu’il s’agisse de la peau, du tissu, des bijoux, du bandeau ou du tressage des cheveux. Dans tous les cas, une réussite. 

 

Module poursuit sa quête abstraite autour de la matière. Un fond sombre éclairé par le jaune, le rouge et des teintes orangées.

 

Laurent Mustel nous présente ici un nouveau versant de son travail : de véritables fourmis géantes sculptées à partir de pièces métalliques. L’ensemble est inattendu et plus que sympathique. Tant et si bien qu’il a fait de son auteur le lauréat du Prix Création du Salon ! Profitons-en pour signaler que l’exposition de l’artiste, présentée tout au long du week-end pascal au Château d’Argeronne (La Haye-Malherbe - Eure)  aux côtés de Martha Kolodziej, Martine Théophile-Catherine et Bruno Tavernier, a déplacé de nombreux admirateurs et obtenu un très joli succès.

Laurent Mustel

 

Nadine Pascaud partage avec nous ses Souvenirs de Prague sous la forme de marionnettes colorées, clown, chevalier, Arlequin, Gavroche ou musicien. Elle nous propose encore une « montagne » de chapeaux cloches aux couleurs pastel sur fond gris-vert, Chapi Chapo. Notre préférence irait plutôt à ces derniers. L’ensemble est plutôt sympathique.

 

Sophie Pavot poursuit sa recherche autour du corps humain. Ici, un nu masculin légèrement déformé sur fond mi-jaune, mi-bleu. En quelque sorte, l’artiste joue avec les ombres et la lumière. L’expression du visage est également travaillée.

 

Jean-Michèle Poudroux partage avec nous sa Mélancolie présentée sous la forme d’un personnage mi-singe mi-homme sculpté dans du grès fumé. Belle réalisation, belle patine. De quoi donner au spectateur l’envie d’en voir plus…  Pour nous, un vrai coup de cœur !

 

En ce moment, la peinture d’Eliane Pradel ( www.eliane-pradel.com ) évolue et l’artiste a choisi de traiter un thème nouveau pour elle : la musique. Ici, une Guitare solo dans un style nettement reconnaissable. Des jeux de lignes, des éclats de couleurs et de lumières qui semblent auréoler ses personnages. Une certaine recherche dans le traitement de la matière. Eliane Pradel a le vent en poupe : depuis plusieurs mois, elle participe à de nombreux Salons ; elle expose en ce moment et jusqu’au 30 novembre dans une galerie bretonne et sera en résidence du côté de Montpellier du 1er au 30 juillet.

 

2 gravures aquatinte de Guy Queffelec. 2 petits formats tout aussi réussis que ceux qu’il a présentés à Caudebec-lès-Elbeuf lors du dernier Salon des Œuvres sur papier. Clair-obscur ici aussi, parfaitement travaillé. Ses gravures feraient merveille dans un bel ouvrage.

 

Jean Quéméré a mis la neige à profit pour nous camper un couple de vélos tout blancs qu’il a adossés à la barrière d’une maison. Une œuvre classique, toujours plus qu’honnête. 

 

Gérard Quesney revient vers l’huile avec un classique Mont-Gargan (Rouen), assoupi sous la neige. Plus de vie au Jardin du Luxembourg où ses personnages glissent entre des arbres noirs, « armés » de parapluies.  

 

Georges Roullois (infographie) nous propose deux marcheuses avec, puis sans cheveux. Un jeu de graphisme entre ville et campagne et un message qu’il tente de faire passer. Original. A suivre.

 

Paulette Solnon nous présente 3 œuvres à l’huile. Deux d’entre elles s’attachent à l’architecture, aux vieilles demeures dont les murs s’écaillent, aux escaliers vermoulus, aux portes, aux ouvertures… Un certain contraste entre les gris et les verts pour L’escalier, entre les rouges et les verts pourL’entrée. Une intéressante approche de la lumière aussi. Bon portrait de femme également, Aloès, avec un joli plissé sur la chemise (col et manches). Le fond gagnerait à s’adoucir un peu. L’ensemble peut encore s’affiner. Notre préférence irait sans conteste vers son agréable Escalier.

 

2 œuvres et 2 techniques totalement différentes de la part de Bruno Tavernier qui, depuis quelque temps, nous a familiarisés avec ses œuvres réalisées à partir de pièces de mécanique auto. Viole d’amour à travers laquelle la musique s’exprime via cordes (noires) et pistons (en métal blanc) reste dans cette veine. Il en est tout autrement pour ses Enfants perdus en céramique. Nous n’en dévoilerons pas davantage ! Rappelons que l’artiste a partagé le succès de l’exposition présentée lors du week-end pascal aux côtés de Laurent Mustel, Martine Théophile-Catherine et Martha Kolodziej.  

 

De Carole Touly, deux collages où le vert domine. Un vert nature pour Tany, plus « intérieur » pour Kensui où le vert se glisse un peu partout : robe, gants de caoutchouc, lunettes, cactus, rideaux ou macarons… De belles réalisations.

 

Des jeux de graphismes de la part de Cédric Vardon qui, jusqu’à un certain point nous invite à « chercher Charly », un dessin pouvant toujours en cacher un autre… De la recherche, une certain géométrie et des couleurs souvent assombries pour sa chaotique horloge déraisonnée (acrylique).

 

De René Vardon ( www.rene-vardon.com ), un Esprit de la nature dans les ocres-bruns portant un masque branchu et feuillu. Une technique au point… parfaitement maîtrisée !

 

Figuration abstraite pour Jean-Louis Vautier. Une Tempête gris-mauve et des Voiliers voguant par temps plus calme sur une mer d’un beau bleu. Deux œuvres épurées et un joli travail de matière comme toujours.  

 

De la part de Dany Vignal, deux demi-visages féminins « chapeautés », plutôt mutins, entre rire et sourire derrière les bouches closes. Un sujet original et une technique qui a encore besoin de s’affiner.

 

Evolution encore pour Isabelle Zéo. Deux pièces de bonne taille, l’une assez haute, l’autre plus carrée ; elles sont aussi plus opaques qu’à l’habitude et dans les rouges, cette fois. Une technique un peu différente. Un soupçon de gris et de noir, notamment sur la plus haute et de petites crevasses. Nous retrouvons chez elle, comme chez Martine Giloppé, une approche de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. Son n°43, Lune rouge, a reçu le Prix de la recherche. 

Isabelle Zéo

 

Eugéniya Zharia nous propose deux portraits féminins : Raconte-moi une histoire et Pensées bleues. Une œuvre qui a encore besoin d’être travaillée.

 

Anne-Marie Houdeville - Invitée d'honneur

Anne-Marie Houdeville dessine depuis l’enfance et peint depuis l’adolescence. Elle s’est aussi intéressée à la photographie qui reste encore aujourd’hui une bonne base de travail pour sa peinture qui dégage souvent un mélange de sérénité et de mystère. Il arrive également que le spectateur y voie une sorte de menace et ressente de l’inquiétude face à la toile. Une contradiction qui ne peut que plaire à l’artiste en perpétuelle quête d’harmonie et d’équilibre entre le visible et l’invisible, le dit et le non-dit, les contraires d’une manière générale.

Un séjour à Taïwan, aussi bref qu’intense (et déjà ancien), devait amplement influencer son travail. La découverte du papier blanc et de l’encre noire, d’une tout autre culture basée sur la philosophie de l’harmonie, fut pour elle un véritable révélateur. Bien des années après son retour en Occident, l’œuvre reste empreinte de cette philosophie venue se mêler à l’univers personnel de l’artiste. Elle  interpelle le visiteur qui, s’il ose y entrer s’y retrouvera lui-même avec ses souvenirs propres. Peut-être répondra-t-il ainsi à son insu aux « pulsations de l’invisible » ?

L’intimité des maisons est le sujet de prédilection de l’artiste. Elle fait écho à l’intériorité de l’être humain tout comme les scènes d’extérieur, jardins ou architectures, correspondent à sa réalité concrète. Après avoir longtemps exploré l’intérieur des maisons, Anne-Marie Houdeville a le sentiment de s’ouvrir davantage à l’extérieur. Il lui semble aussi être plus figurative en ce moment que précédemment, d’accorder plus de place au détail. Loi des contraires, ici encore ? Pour qui suit son travail depuis quelques années, le sentiment est tout inverse. Elle paraît s’orienter vers une franche abstraction…

Les cimaises du Salon de Printemps de Saint-Aubin-lès-Elbeuf accueillent 17 de ses toiles, toutes de différents formats, entre autres plusieurs diptyques et triptyques. Des scènes d’intérieur bien sûr, et effectivement  une ouverture vers l’extérieur, le végétal, les jardins surtout. Dedans, un esprit dentelle parfois, presqu’alvéolaire. Un soleil rouge vient éclater au milieu d’une toile (Où la lumière est douce et pratiquement solide), un bouquet de rose se fait excroissance, une écriture s’affiche en rouge ou, noire, griffe délicatement le support.

Les escaliers sont encore très présents, comme les fenêtres, les portes, le verre que l’on ne distingue pas et qui donc, ne nous sépare pas de l’extérieur. Il arrive aussi que de longues tiges rouges ou vertes viennent se ficher dedans ou dehors. Référence aux arts martiaux ou à l’omniprésence du bâton à travers toutes les classes sociales chinoises ? Ou chez nous, d’ailleurs ? Les couleurs sont toujours les mêmes. Pas mal de blanc pour la lumière, différents verts, bruns ou noirs. Et depuis quelque temps, du rouge vif. Anne-Marie Houdeville, comme tout artiste digne de ce nom, est en constante évolution.

 

Anne-Marie Houdeville

Elisabeth Le Borgne  

 




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