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PARIS 6e : EXPOSITION MICHAEL LINDSAY-HOGG A LA GALERIE PIXI


Du 15/10/2019 au 21/12/2019
Galerie Pixi, 95 rue de Seine, 75006 PARIS



Du 15 octobre au 21 décembre 2019,

 

Michael Lindsay-Hogg

 

Michael Lindsay-Hogg doit la plus grande partie de sa notoriété au fait d’ être le « fils caché » d’Orson Welles, et le réalisateur de Let it Be, un documentaire dans lequel il emmène les Beatles jouer sur le toit d’un immeuble ce qui s’ avéra être leur dernier concert. Par contre, ce que l’ on sait moins, c’est que Lindsay-Hogg est un artiste plastique particulièrement créatif et passionné qui dessine tous les jours, peint à foison et assemble toutes sortes de collages et de compositions extraordinaires. Et c’est bien l’ambition de l’exposition organisée à la Galerie Pixi, en même temps que du présent essai, que de renverser cet ordre de valeurs et de faire enfin connaître Lindsay-Hogg comme un artiste avant tout. Bien sûr, il est quelque peu maladroit, voire indigne, de cataloguer –et de classer n’ en parlons pas- les motifs de célébrité d’un individu. Pourtant la triste réalité est que la plupart des gens sont souvent réduits à une seule caractéristique parfaitement anecdotique. Et dans le cas de Lindsay-Hogg, autant écarter tout de suite les superfluités et autres bavardages d’apéritif. Voilà qui est fait.

Michael Lindsay-Hogg (ou « ML-H » pour reprendre le monogramme délicatement cousu sur le revers de son foulard Charvet) est bien une personnalité reconnue, mais bien en dessous de sa vraie valeur si l’ on considère tout ce qu’il a fait, vu et vécu au cours de sa vie. Car si l’ on devait poursuivre la liste de ses faits d’armes dans le plaidoyer pour sa célébrité, celle-ci se déroulerait comme suit : en tant que réalisateur, on lui doit le film légendaire The Rolling Stones Rock and Roll Circus, ainsi que les clips promotionnels des tubes les plus iconiques du groupe, et bon nombre des « vidéos » les plus connues des Beatles ; la mise en scène des pièces à succès C’est ma vie après tout, Agnes de Dieu et The Normal Heart jouées à Londres et à Broadway, auxquelles s’ ajoutent quantités de récompenses et distinctions. A seulement 24 ans, Michael Lindsay-Hogg produisait déjà Ready, Steady, Go!, la plus célèbre émission de rock britannique, devenant de facto une référence de la série télévisée, collaborant avec les plus grands scénaristes et acteurs de son époque, la série culte –et toujours aussi admirée- Brideshead Revisited marquant le zénith de sa carrière.

Parmi ses réalisations les plus marquantes, on citera également Luck and Circumstance, ses mémoires publiées chez Knopf en 2011. En plus d’ être un savoureux morceau d’ écriture, à la fois spirituel, grinçant, poétique et mélancolique, c’ est surtout le texte incontournable pour découvrir et s’ émerveiller de tout ce que l’auteur a fait au cours d’une vie si bien remplie, et de toutes les personnes qu’il a rencontrées.

Né le 5 mai 1940, à New York, d’un baronnet anglais du nom d’Edward Lindsay-Hogg, Michael est le fils unique de l’ actrice irlandaise Geraldine Fitzgerald, qui l’ embarque avec elle à la conquête d’Hollywood. Alors qu’ elle joue dans Victoire sur la nuit et Les Hauts de Hurlevent, ML-H goûte précocement aux fastes du milieu du cinéma ; allant, dès son jeune âge, payer ses hommages à Marion Davies et William Randolph Hearst dans leur somptueuse villa avoisinant leur résidence de Santa Monica près de l’ océan. La mère de Michael compte alors parmi ses amis et admirateurs des célébrités comme Charlie Chaplin, Laurence Olivier et Olivia de Havilland, encore en vie aujourd’hui, âgée de 103 ans et vivant à Paris - celle-ci ne manquera sûrement pas de venir voir la dernière exposition
de son ami de longue de date à la Galerie Pixi. Par la suite, sa mère épouse Stuart Scheftel, un beau héro de guerre américain, et ML-H grandit entre Los Angeles et New York. C’ est là que sa vie bascule à l’âge de 14 ans, le jour où sa mère l’emmène à la répétition d’une pièce de théâtre et qu’il fait la rencontre du jeune réalisateur Sidney Lumet. ML-H est alors frappé d’une certitude : voilà le monde dans lequel il veut vivre – initialement en tant qu’acteur. A contrecoeur, ML-H poursuit cependant ses études dans deux prestigieuses écoles privées, Choate et Trinity, rêvant de Broadway bien plus que de diplômes.

Ce qui rend d’autant plus surprenant qu’il décide d’entrer à l’université de Christ Church, à Oxford. Mais sa soif de la scène a bientôt raison de ses devoirs universitaires et il quitte l’ école pour les planches. C’ est maintenant que le personnage central d’ Orson Welles fait son entrée : ami de longue date, collaborateur et très certainement amant de sa mère, Welles est le spectre énigmatique qui hante le monde de Lindsay-Hogg, le ressort central de son destin. A 16 ans, sa mère le met en garde contre les rumeurs qui courent à l’ étranger selon lesquelles Orson Welles serait son vrai père - rumeur que tous les indices semblent corroborer.

A l’ âge de 20 ans, ML-H a même l’honneur de monter sur scène avec le grand homme dans une pièce intitulée Falstaff, où, fils naturel ou non, il est traité en favoris et se voit offrir des cigares de luxe. Orson Welles restera en toile de fond de sa vie, l’ appelant à l’improviste, le soutenant dans ses propres réalisations cinématographiques et l’invitant à diner au Caprice en compagnie de Marlène Dietrich. Conscient de sa ressemblance frappante et douteuse avec Welles, Lindsay-Hogg considèrera avoir certainement échappé à une malédiction, sachant le peu de fortune des rejetons Orsoniens.

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Texte d’Adrian Dannatt




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