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PARIS 4e : EXPOSITION ROBERT KUSHNER "JARDIN SAUVAGE" A LA GALERIE NATHALIE OBADIA


Du 04/09/2021 au 23/10/2021
Galerie Nathalie Obadia, 3, rue du Cloître Saint-Merri, 75004 PARIS



Du 4 septembre au 23 octobre 2021,

 

Robert KUSHNER

"Jardin Sauvage"

 

La Galerie Nathalie Obadia est heureuse de présenter pour la première fois l’œuvre de l’artiste américain Robert Kushner. Né en 1949 en Californie, il est l’un des principaux représentants du mouvement Pattern & Decoration qui s’est développé à la fin des années 1960 – début des années 1970 à New York, où il vit encore aujourd’hui.? L’œuvre de Robert Kushner s’est construite en opposition avec le minimalisme et l’art conceptuel alors en vigueur, défendant un retour au motif, à l’ornement et au plaisir esthétique à travers des influences d’Orient et d’Occident et un intérêt prononcé pour des formes d’art déconsidérées.
À l’occasion de cette première collaboration, la galerie présente un ensemble récent de peintures à l’huile, acrylique, feuilles de palladium et d’or au large spectre de couleurs, représentatives de ce syncrétisme heureux assumant sa fonction décorative.

Robert Kushner intègre en 1969 la prestigieuse Université de Californie, réputée pour son cursus des plus avant-gardistes dans le domaine des arts visuels. Il se fait alors connaître par des performances iconoclastes pleines d’humour et suit l’enseignement du professeur et critique d’art Amy Goldin, qui ne tardera pas à devenir la grande théoricienne du Pattern & Decoration Movement.
En 1974, l’artiste l’accompagne dans un voyage décisif en Turquie, en Iran et en Afghanistan, suivant l’ancienne Route de la Soie. C’est au contact des églises byzantines, des tisserands, des bazars et marchands de tapis à Istanbul, des miniatures persanes, de l’architecture et l’art islamiques qu’il découvre toute la dimension historique, culturelle et esthétique de l’ornementation comme principe et style : « It was then that I realized that there was a whole other way to consider decoration ». Robert Kushner trouve au cours de ce voyage les fondements d’une pratique déjà en germes. Au cours d’échanges qu’elle organise à leur retour à New York avec des étudiants et jeunes artistes, parmi lesquels Miriam Schapiro, Valérie Jaudon, Robert Zakanitch et Joyce Kozloff, Amy Goldin entreprend de jeter les bases théoriques d’un nouveau courant qui entend mettre sur un plan d’égalité les « beaux arts » et les « arts décoratifs », revaloriser les traditions artisanales et des disciplines conventionnellement réservées aux femmes, comme la couture. Toutes ces idées alors en marge des avant-gardes sonnent comme une franche incitation à aller à la rencontre d’autres cultures, non-occidentales, dont Robert Kushner n’aura de cesse de se nourrir.

« To please the eye and satisfy the human soul »
Dans une Amérique marquée par une atmosphère puritaine quelque peu méfiante à l’égard du « beau » et de l’ornement, le défi est double. Il s’agit de dépasser le débat rebattu entre abstraction et figuration, réhabiliter le pur plaisir visuel et apporter ainsi une forme de contradiction fructueuse au paysage artistique de cette époque.
 

C’est dans le giron de la galerie Holly Solomon à SoHo que le mouvement se rassemble et rencontre son premier succès, au cours d’une exposition collective en 1976. S’ensuivent la première exposition personnelle de Robert Kushner dans cette même galerie et une expansion rapide en Europe, où plusieurs institutions et organes de presse se tournent vers ce courant artistique venu des États-Unis. Malgré des critiques virulentes et attendues fustigeant un « art frivole » et « mineur », le Pattern & Decoration Movement connaît un véritable succès jusque dans les années 1980 et continuera d’inspirer l’œuvre, particulièrement prolifique, de Robert Kushner.

Celle-ci se caractérise par un croisement de techniques qui redonnent la part belle aux métiers d’art. Formé par sa grand-mère à la pratique du crochet, Robert Kushner travaille dans sa jeunesse comme restaurateur de tapis puis apprend le tissage auprès d’une famille en Inde. Il découvre à l’occasion de ce voyage en 1982 les madras et les mandalas indiens, dont il enrichit son vocabulaire stylistique. Ce goût pour les tissus qui s’étend aux costumes, à la mode, est visible dès ses débuts à travers une série de chadors iraniens et de rideaux peints et pénètre ensuite des œuvres hybrides où la peinture côtoie la soie, le taffeta, le coton. Robert Kushner regarde aussi du côté des tissus Kente venus d’Afrique de l’Ouest, du macramé, du XVIIIe français et de la soierie lyonnaise.




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