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SETE : EXPOSITION JIMMY ROBERT "APPUI, TENDU, RENVERSE" AU CRAC OCCITANIE


Du 08/10/2021 au 06/02/2022
CRAC Occitanie, 26, Quai Aspirant Herber, 34200 SETE



Du 8 octobre 2021 au 6 février 2022,

 

Jimmy Robert

"Appui, tendu, renversé"

 

Commissaire de l'exposition : Marie Cozette

 

Appui, tendu, renversé de Jimmy Robert est la première exposition de cette ampleur dédiée à l’artiste en France. Fruit d’une coproduction avec Nottingham Contemporary au Royaume-Uni et le Museion à Bolzano en Italie, elle retrace un parcours de plus de vingt ans de travail.

Au rez-de-chaussée du Crac Occitanie, l’exposition de Jimmy Robert offre en sept salles un vaste aperçu du parcours de l’artiste depuis 2001 et rassemble un large corpus de photographies, vidéos, sculptures, textes et œuvres sur papier, souvent présentées sous forme d’installations entremêlant ces différents médiums. L’exposition fait dialoguer de manière inédite et non linéaire des oeuvres parfois éloignées dans le temps et permet aux visiteurs une lecture augmentée et réactualisée de la pratique de l’artiste.

Depuis le début des années 2000, Jimmy Robert place l’identité et la représentation du corps noir au centre de sa démarche, plus largement des questions ayant trait au désir, au regard, à la vulnérabilité des corps, parfois à leur absence. C’est souvent le corps et la voix de l’artiste lui-même qui sont mis en scène, dans des installations qui mêlent écriture, poésie, danse et images.

Portant un intérêt particulier au papier, qu’il utilise autant comme une surface d’impression et de projection que comme matière sculptée, Jimmy Robert découpe, fragmente, froisse, décadre ses images et les présente souvent au ras du sol : c’est le cas d’une de ses plus récentes séries intitulée Plié (2020). Le corps s’expose dans sa fragilité, en train de ployer, de ramper ou de chuter.

L’installation photographique Sans titre (Ompdrailles) (2013) présente une image courbée de part et d’autre d’un tube sur lequel elle repose. D’un côté apparait la sculpture en bronze sur piédestal de deux lutteurs, dont on ne sait si le premier précipite ou retient la chute du second ; l’autre pendant de l’image dévoile le corps effondré de Jimmy Robert : celui-ci prolonge la sculpture et en propose un nouveau récit, moins conquérant et sans doute plus oblique.
Ce renversement des corps se retrouve dans le titre de l’exposition, qui renvoie à une posture de gymnastique, en équilibre sur les mains. S’il est question de corps, il est aussi question de danse et de mouvement dans le travail de Jimmy Robert. Il collabore régulièrement avec des danseurs et danseuses issu.e.s du ballet classique ou de la danse contemporaine tout en assumant sa propre absence de savoir-faire. Bien plus que la technique, il s’intéresse à la manière dont un corps performe dans un espace et interagit avec les autres. Dans l’installation vidéo intitulée Vanishing Point, il filme une drag queen rencontrée dans un cabaret à Rio de Janeiro (Brésil) et la met en scène devant la tour Capanema réalisée par l’architecte Lucio Costa, caractéristique des architectures modernistes de la mégapole. Le corps et la chevelure de la danseuse font résonner différemment l’espace autour d’elle et l’affolent littéralement.

Dans ses entretiens, Jimmy Robert fait souvent référence aux clubs, des espaces dans lesquels chacun performe, drague, danse avec plus ou moins de maîtrise, regarde et est regardé, s’invente un genre et se positionne sans cesse par rapport aux autres, à la musique, à la lumière. C’est aussi ce type d’espace et de jeu entre les corps qui informe sa pratique d’artiste, tout autant que des références plus savantes à l’art minimal et conceptuel dont il s’inspire particulièrement.

Au fil de l’exposition, et plus largement dans la pratique de Jimmy Robert, on découvre nombre de références à d’autres artistes, à travers diverses formes d’appropriation, de copie, de citation : elles mettent en crise la figure de l’auteur tout en proposant une écriture polyphonique. Jimmy Robert dialogue ainsi avec Yoko Ono, Yvonne Rainer, Marguerite Duras ou Marcel Duchamp mais aussi avec des artistes plus discret.e.s comme la poétesse brésilienne Ana Cristina César ou encore des plasticiens qui ont fait de la disparition et du retrait une forme d’art à part entière. C’est le cas de l’artiste surinamien Stanley Brouwn, célèbre pour avoir systématiquement refusé la reproduction en image de ses œuvres ou du hollandais Bas Jan Ader, mort prématurément au cours d’une traversée en mer conçue comme une œuvre d’art.

Jimmy Robert dessine dans le temps sa propre généalogie en étoile et propose d’autres lignes de fuites, capables de dévier des trajectoires connues, tout en construisant une politique de l’amitié résolument subjective et intime.
Derrière les jeux de masquage, de recouvrement et de disparition avec lesquels l’artiste joue, c’est une véritable érotique des matières et des surfaces qui affleure partout. Le tissu, le cuir, le bois, la qualité des papiers utilisés sont tout autant de peaux et de surfaces tactiles qui appellent le toucher et happent le regard.

Marie Cozette

 




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