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BRUXELLES : EXPOSITION SHAHPOUR POUYAN A LA GALERIE NATHALIE OBADIA


Du 06/11/2021 au 18/12/2021
Galerie Nathalie Obadia, Rue Charles Decoster, 1050 BRUXELLES



Du 6 novembre au 18 décembre 2021,

 

SHAHPOUR POUYAN

"Methinks these be devils three"

 

La Galerie Nathalie Obadia est heureuse de pre?senter la troisie?me exposition de l’artiste Shahpour Pouyan et sa premie?re a? Bruxelles, en paralle?le de l’exposition qui lui est consacre?e au Muse?e Dhondt-Dhaenens de Gand, Skyhigh is my place. Artiste iranien parmi les plus reconnus de la sce?ne artistique internationale, Shahpour Pouyan construit une œuvre plurielle et poe?tique explorant les symboles et te?moins mate?riels du pouvoir, de la domination et de l’hubris a? travers l’histoire des civilisations.

Fortement marque? par un he?ritage culturel dont son travail te?moigne d’une grande e?rudition, Shahpour Pouyan confronte cette rhe?torique de la puissance a? son expe?rience intime des origines et de l’appartenance, re?ve?latrice d’enjeux sociopolitiques actuels. L’art persan mais e?galement la science, l’arche?ologie et l’architecture occidentale constituent la matrice d’un travail aux re?sonances re?solument contemporaines, qui s’illustre aussi bien dans l’art de la miniature, la peinture que dans la ce?ramique ou les installations. L’artiste propose ici un parcours a? travers les trois cycles de la vie, qu’incarne chaque e?tage de la galerie.

L’exposition s’ouvre ainsi sur l’origine du monde, par le prisme de la cosmologie zoroastrienne. L’eau, la terre, l’air et le feu, e?le?ments que les adeptes de cette religion ve?ne?raient du temps de l’Empire Perse y sont repre?sente?s par des disques en ce?ramique peinte dont la purete? iconographique rappelle l’e?poque lointaine des croyances me?die?vales. Une sculpture en forme de bloc de terre, e?chantillon d’oce?an, repre?sente l’informe originel, l’eau comme source de toute chose, tandis que la montagne est convoque?e dans toute sa dimension sacre?e.

Le deuxie?me e?tage est consacre? a? l’Histoire, c’est-a?-dire l’empreinte de l’homme sur terre et l’on retrouve, dans ce chapitre ou? pointe une part autobiographique, l’inte?re?t de l’artiste pour la symbolique architecturale. Le principe d’e?dification au sens litte?ral comme figure? de?termine chaque ensemble d’œuvres, de me?me qu’il est le but et l’essence me?me de l’activite? humaine. Ainsi les miniatures, reproductions alte?re?es d’originales persanes ou? tous les personnages ont e?te? soigneusement extraits, repre?sentent les murs historiques construits pendant plusieurs mille?naires par la Perse pour se prote?ger des barbares. Franchissant un pas de plus dans la de?contextualisation, les trois œuvres sur toile figurent des pans de murs flottant dans le ciel, aux attributs canoniques : ornements persans, arcs romains, gargouilles leur confe?rent une envergure universelle. C’est une partie du Retable de Saint-Franc?ois peint en 1437 par Sassetta qui a inspire? a? l’artiste cette imagerie onirique : on y voit un cha?teau dans le ciel qui n’est autre que le songe d’une cite? ce?leste par Saint-Franc?ois d’Assise.

Ces multiples murs te?moignent d’une constante dans l’histoire des peuples et a? travers les sie?cles : l’exclusion syste?matique de « l’e?tranger » par le biais de constructions charge?es de connotations. De manie?re me?taphorique, ce sont toutes les sources de division et d’ine?galite?s sociales, ces « murs invisibles » que Shahpour Pouyan n’a eu de cesse de constater cette dernie?re de?cennie. Deux gargouilles en terre cuite surplombent depuis leurs hauteurs ces peintures, l’artiste jouant lui-me?me avec les e?le?vations de la galerie. Celles-ci caricaturent les deux ennemis jure?s du monde antique occidental : Xerxe?s et Hannibal.

L’exposition se poursuit, au dernier e?tage, par la vie apre?s la mort. Une se?rie d’architectures en ce?ramique conc?ues comme des reliquaires s’octroie une place entre le re?ve et la mort : influence?es par des constructions de styles varie?s, elles prennent une forme chime?rique sur laquelle repose, en guise de coupole, un cra?ne humain. L’artiste qui a travaille? ces dernie?res anne?es sur les multiples occurrences et de?clinaisons dont fait l’objet le do?me en architecture et conjugue? cette recherche a? sa propre ascendance ge?ne?tique, rend par ce glissement d’autant plus explicite le ge?nie de l’homme. Shahpour Pouyan conside?re ces œuvres comme des monuments en l’honneur, et a? l’image des intellectuels, penseurs, artistes devenus e?ternels par leurs cre?ations. Ces œuvres portent d’une certaine fac?on la me?moire de cultes ancestraux ou? des calottes cra?niennes pouvaient servir de coupes pour les libations, avec l’ide?e d’y contenir les a?mes.

S’inscrivant dans la tradition des vanite?s, la repre?sentation de la mort par l’interme?diaire d’un cra?ne fait toutefois affleurer, in fine, la vacuite? de toute entreprise humaine. Une œuvre en marbre re?alise?e gra?ce a? une imprimante 3D ache?ve ce paralle?le avec l’histoire de l’art et la pense?e religieuse. Cra?ne et fleurs ont e?te? fide?lement produits d’apre?s une illustration me?die?vale franc?aise du XIIIe sie?cle qui accompagnait le poe?me anglais The Three Dead Kings, ce?le?bre memento mori dont est tire? le titre de l’exposition. Le the?me des plaisirs de la chair et de la destine?e funeste, omnipre?sent dans l’art eccle?siastique en Europe et qui a perdure? pendant des sie?cles, prend ici forme avec un parfait respect pour l’inexactitude et la nai?vete? du dessin d’origine.

Shahpour Pouyan confirme une fois de plus toute la subtilite? et le raffinement de son approche artistique, marque?e par des confluences multiples et avant tout guide?e par la poe?sie des formes, reliant passe? et pre?sent.




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