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ROUEN : EXPOSITION CHRISTIAN ANDERSSON "SMILE AND SAY TIME" AU FRAC NORMANDIE ROUEN


Du 14/05/2022 au 04/09/2022
FRAC Normandie Rouen, 3 Pl. des Martyrs de la Résistance, 76300 SOTTEVILLE-LES-ROUEN



Du 14 mai au 4 septembre 2022,

 

Christian Andersson

"Smile and Say Time"

 

De la conquête spatiale au développement d’Internet et à la création du métavers, notre univers sensible ne cesse de s’étendre ouvrant toujours de nouveaux horizons, qu’ils soient physiques ou virtuels. C’est dans ce contexte anthropologique que s’inscrit l’exposition Smile and Say Time, une exposition personnelle de l’artiste suédois Christian Andersson mêlant sculptures, photographies et installations. Pills (2015), l’une des premières oeuvres de l’exposition, est la porte que nous ouvrons pour pénétrer l’univers science-frictionnel construit par Andersson. Un flacon de médicaments s’est renversé par terre, les pilules se sont répandues sur le sol. Nul n’a de difficulté à imaginer un bras ballant quelque part hors-champ. Pourtant, l’image se dévoile lorsque nous nous en approchons : il ne s’agit ni d’un suicide ni d’une overdose, mais d’une manière que l’humanité semble avoir trouvé pour contrôler les songes et la notice du flacon est en réalité celle d’un scénario de rêve. Se construit alors devant nous un univers mystérieux et inquiétant ; le récit par anticipation ici conté semble être celui d’une civilisation entre disparition et dématérialisation.

Faisant étrangement penser aux corps éternels de Pompéi, le squelette que nous croisons lors de notre déambulation est en fait une copie en plâtre du Transi de l’église Saint-Etienne à Bar-le-Duc. Placé face à face avec un fond d’un vert caractéristique du secteur audiovisuel et de ses reconstructions d’une réalité fictive, l’oeuvre Marrow est une actualisation ultra contemporaine d’une sculpture de la Renaissance. Si de loin le squelette semble presque prendre un selfie, il s’avère qu’en réalité il tient dans ses mains un hypercube qui se reflète sur le mur comme un cube via une simplification de l’ombre opérée par la lumière artificielle. Comme avec le flacon de médicaments, s’approcher nous offre une lecture plus précise du réel. Il en va de même pour les colonnes qui entourent l’écorché : il ne s’agit pas d’anciennes colonnes romaines mais de colonnes imprimées, éléments de la modernité qui semblent pourtant paradoxalement provenir de ruines. Les symboles et les éléments d’indices se mélangent pour tisser un réseau de sens complexe où le vrai et le faux fusionnent au milieu de figures en trompe-l’œil et de simulacres. 

Sur notre route, nous trouvons également une parabole retournée qui semble hors d’usage, inutile, comme le vestige d’un autre temps. Détournée de sa fonction, elle est devenue une fontaine (en référence à l’oeuvre de Marcel Duchamp) qui laisse l’eau s’accumuler et à laquelle personne ne semble venir boire. Où sont passés les Hommes ?  Le mystérieux squelette, les colonnes en trompe-l’oeil, la parabole sans emploi — tout laisse ici à penser que dans ce récit visuel d’anticipation, le monde n’est désormais rien de plus que sa retranscription. Ou peut-être qu’étant parvenus à contrôler le chaos du monde, les Hommes s’en sont allés vivre dans le virtuel et dans leurs rêves, dans tout ce qu’ils peuvent maîtriser ?

 

 




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