Originaire de Castres, Laurence LHER est venue s'installer à Caen en 2002. Son goût pour l'art s'est manifesté très jeune, et grâce à une mère peintre amateur et un père d'origine normande qui s'intéressait à la photographie, il s'est d'abord traduit par la pratique du dessin et de la technique du collage. Laurence LHER pratique délibérément une peinture abstraite d'une extrême sobriété, apparentée au Minimal Art né dans le milieu des années 60 aux États-Unis, autour de Frank Stella. Elle expose régulièrement au niveau national et international (New York, Autriche…).

Après avoir pratiqué l'art du portrait dans l'esprit du minimalisme, Laurence LHER a fui tout illusionnisme et toute tentative de figuration. Elle assemble des figures géométriques, structures élémentaires abstraites enchevêtrées et fermement articulées, avec une grande économie de moyens et une simplicité radicale. La sensation spatiale est abolie, les contours sont précis, la palette volontairement réduite à trois, voire quatre couleurs appliquées en aplats non modulés. La lumière surgit grâce à l'utilisation du blanc, non-couleur fondamentale. Les toiles, savamment rythmées, s'organisent grâce à la combinaison des lignes et du coloris, mais aussi par le jeu habile entre les pleins et les vides. Si le résultat semble réduire la vision de l'univers à de simples formes mécaniques recombinées, fuyant toute référence à la réalité du monde sensible, ceci correspond à la volonté de l'artiste de simplifier une perception du monde aujourd'hui parasité par l'inutile pour mieux se consacrer à l'essentiel. Ainsi, sous une apparente neutralité, l'approche purement visuelle, obtenue grâce au traitement de l'espace et de la couleur, sous-tend une vision métaphorique propre à l'artiste, destinée à clarifier l'essence de la vie.

Depuis 2015, elle n'hésite pas à réintroduire le collage dans certaines toiles en techniques mixtes, et cherche à interpeller le spectateur par de courtes citations personnelles qui ajoutent au symbolisme de son œuvre. Laurence LHER impose ainsi une conception très personnelle de l'univers visible, et privilégie « l'idée » par rapport aux moyens picturaux. Elle donne à voir un oeuvre dont l'épure participe à l'objectivité, tentant de façon sous-jacente de transmettre les valeurs qui lui sont chères : SAGESSE, BONHEUR, AUDACE et LIBERTÉ.


Francine BUNEL-MALRAS, Historienne de l'Art




Originally from Castres (Occitanie), Laurence LHER moved to Caen (Normandy) in 2002. Her appreciation for art began very young and, with an amateur painter for a mother and a father from Normandy who was keen on photography, this predilection was first expressed through drawing and collage. Laurence LHER’s paintings are abstract and extremely sobre, a style akin to the Minimal Art that emerged in mid-1960s’ America with Frank Stella. She exhibits regularly on a national and international level (New York, Austria, etc.).

After practising portrait art in the minimalist spirit, Laurence LHer went on to shun all illusionism and attempt at figuration. She assembles geometric motifs, overlapping firmly articulated abstract structures, with very sparse means and radical simplicity. Spatial sensation is suppressed, contours are precise, and the palette is intentionally reduced to three or four colours at most, which are applied in uniform flat tints. Light breaks through thanks to the use of the hueless colour white, which plays a crucial role. The compositions, which are masterfully rhythmic, are arranged by combining lines and blends, and also through a skilful play between fullness and emptiness. The result may well appear as a reduction of the universe to a rearrangement of simple perfunctory shapes, without any reference to tangible reality. However, this corresponds to the artist’s wish to simplify the perception of today’s world as full of futilities in order to focus on what really counts. Consequently, under an apparent neutrality, that is to say the purely visual approach obtained through the treatment of space and colour, lies a metaphysical vision that is unique to the artist and intended to clarify life’s very essence.

Since 2015, she has had no hesitation in reintroducing the collage technique into certain mixed media canvases, and seeks to engage the viewer with short personal quotations, which add to her artwork’s symbolism. Laurence LHER thereby establishes a very personal conception of the visible universe, and privileges “ideas” over pictorial means. She offers artwork in which purity contributes to objectivity, striving all the while to convey values dear to her heart: “wisdom, happiness, audacity and freedom.”


Francine BUNEL-MALRAS, Art Historian