SALON DE PRINTEMPS - Du 18 au 26 mars 2017
Salles des Fêtes - Saint-Aubin-lès-Elbeuf
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Invité d'honneur : Denis RIFFLARD

Autodidacte, Denis Rifflard privilégie l’indépendance de styles et de vues. Il apprécie les chemins détournés de l’intention première et a un peu de mal à suivre des cours qu’ils soient académiques ou non. Modeste, l’artiste nous confie que « peut-être sa tournure d’esprit et son manque de formation donnent-ils une originalité particulière à une œuvre empreinte tout à la fois de ses forces et de ses faiblesses. » Originaire d’Amiens où il vit et travaille aujourd’hui encore, l’artiste a toujours dessiné, explorant toutes les formes du dessin. L’aquarelle a aussi eu longtemps ses faveurs, dans des genres très divers, plutôt figurative et essentiellement dans un cadre purement familial. Il peignait surtout des marines ou des paysages classiques, souvent assez déserts, toujours dénués de personnages où il était par-dessus tout question de rendre une certaine atmosphère. Aujourd’hui, il ne pratique plus l’aquarelle ou très peu. Il compte cependant en présenter deux lors du Salon de Printemps de Saint-Aubin-lès-Elbeuf.

Son goût du dessin lui a également fait prendre dans sa jeunesse la voie de la BD publicitaire, aquarellée parfois, et du dessin de presse humoristique ou publicitaire. De longues années durant, il sera pigiste pour des journaux picards et parisiens qui publieront ses œuvres. De cette période -hélas révolue- lui reste désormais le goût du trait et du graphisme. Après une carrière technique dans le cadre d’une entreprise picarde renommée où l’on fabriquait du « Velours d’Amiens » de haute gamme, Denis Rifflard a repris brosses, couteaux et pinceaux. Depuis une douzaine d’années, il a adopté l’acrylique, quelquefois aquarellée, dont il apprécie la souplesse pour peindre sur toile, panneau ou papier épais des paysages urbains ou floraux peut-être un peu plus figuratifs qu’à une époque donnée, son œuvre ayant connu un bref passage abstrait. Son travail actuel, dont la palette se limite à 5 ou 6 couleurs, reste cependant entre figuration et abstraction.

Tout part de pigments organiques « quinacridone » (orangés et or), du bleu primaire, du blanc, parfois un peu de Bordeaux ou de jaune selon les besoins. Le sujet – ruelles ou rivages qu’il réinvente « en laissant la part belle aux couleurs, à la lumière et à la transparence » n’est que prétexte à « l’interprétation esthétique qui peut en être faite ». Une technique qu’il renouvelle à plaisir pour mieux entretenir le bonheur de peindre. Pour lui, une toile est un chemin qu’il suit à son rythme. Il produit peu et cela lui convient. Il n’envisagerait pas, par exemple, de préparer plusieurs expositions en même temps. Il se définit comme « besogneux » au sens noble du terme. Il aime le travail fini et est donc un tantinet perfectionniste. Juste ce qu’il faut… Peu amateur d’art contemporain, il porte son intérêt vers un artiste tel que Balthus dont il admire la personnalité plus encore que l’œuvre. « Son roman d’existence m’a interpellé », souligne-t-il. Chez des artistes moins réputés, il apprécie aussi l’esthétique de Daniel Gélis, de Jean Arcelin ou le côté BD de l’œuvre de Julian Taylor.

Depuis la fin des années 2000, il prend plaisir à exposer régulièrement son travail dans le cadre de Salons picards et -de plus en plus – normands dont il salue la qualité et la convivialité. Pour n’en citer que quelques-uns : le Salon du GALA à Albert (Somme) qui lui a mis le pied à l’étrier, le Manoir de Briançon à Criel-sur-mer, l’Abbatiale de Bernay, Vandrimare, Elbeuf, La Londe, Morgny-la-Pommeraie… Il lui arrive aussi d’exposer au Havre chez Pascal Frémont. Nous le retrouverons avec grand plaisir ce Printemps, en tant qu’invité d’honneur de la SAEBS, à la Salle des Fêtes de Saint-Aubin-lès-Elbeuf.

Elisabeth Le Borgne


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SALON D'AUTOMNE - Du 30 septembre au 9 octobre 2016
Salle Franklin - Elbeuf
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Invités d'honneurs : Esti LÉVY et Sam PHIL

La liberté du regard

Esti Lévy a grandi en Israël où elle a suivi ses études et, dès sa plus tendre enfance, noué des liens privilégiés avec toute forme d’art (dessin, chant, danse…). Elle est arrivée en France en 1975 où elle a fréquenté les Beaux-Arts de Paris sous la conduite d’excellents maîtres tels que Yankel et Segui, au sein d’un extraordinaire brassage culturel qui, aujourd’hui encore, nourrit son travail, tout comme le soleil d’Israël qu’elle rapporte régulièrement dans ses valises afin d’en inonder ses toiles. Là-bas, elle a bien sûr abordé d’abord la figuration, différentes techniques et valeurs avant de se consacrer quelques années à une abstraction dénuée de couleur, contrairement à aujourd’hui, par ex., où elle fait exploser les couleurs entre abstraction et figuration. Chez elle, rien n’est vraiment précis. Ni les personnages, ni les buildings. Chacun peut y voir ce qu’il désire et c’est là le but recherché par l’artiste : donner au public une grande liberté de regard. Toutes les toiles portent un titre, mais ces titres eux-mêmes restent très ouverts.

Pour peindre, à l’heure qu’il est, elle utilise l’acrylique, exclusivement. L’huile et les pigments broyés, utilisés autrefois ne lui conviennent plus. L’acrylique est mieux adaptée à sa peinture spontanée qui forme des couches successives, faisant la part belle à la transparence, allant tout droit vers la densité voulue. Cependant, elle continue de faire ses couleurs elle-même. Les signes et écritures font également partie de son œuvre. Ils ne sont jamais très lisibles. Ils ne sont pas faits pour être lus. En revanche, ils apportent un bon rythme à la toile qu’elle prépare toujours elle-même de A à Z, n’achetant que les châssis. Généralement, elle réalise ses dessins directement sur la toile. Elle les retravaillera un peu plus tard avec diverses techniques. Le reste, c’est son affaire… Esti Lévy est également graveuse, ce de longue date. Depuis quelque temps, elle a tendance à appliquer ses gravures par collages sur ses toiles. Nous aurons quelques exemples de cette technique à Elbeuf cet automne.

Esti Lévy aime à réinventer le réel à travers la couleur, les formes, les esquisses de figures. Elle n’a de cesse de cultiver l’harmonie, l’allégresse et la joie de vivre qui lui sont si chères et qu’elle s’efforce de transmettre aux autres. L’artiste aime exposer et présente souvent son travail depuis une trentaine d’années dans de nombreux Salons, à Paris, en France et à l’étranger, mais aussi en galeries (4 sur Paris et 1 au Luxembourg). Pour elle, il s’agit là d’une manière de se mettre en examen, en tout cas, face à elle-même. Au Salon d’automne 2016 de la SAEBS (Société des Artistes Elbeuf Boucle de Seine) à la Salle Franklin d’Elbeuf, elle compte présenter ses œuvres de manière très serrée comme si ses toiles étaient des vitraux. Elle a choisi pour l’événement des pièces importantes pour elle, de grands formats qu’elle expose la plupart du temps au Grand-Palais ou au Salon Comparaison.
Autant profiter du bel espace proposé par la Salle Franklin, se faire plaisir et faire plaisir à ses visiteurs !



Sam Phil - Le vide et le plein

Le désir de sculpter démangeait Sam Phil de longue date, mais… il s’est longtemps interdit d’y céder. Peut-être avait-il besoin d’une certaine maturité pour se lancer dans l’aventure. Toujours est-il qu’il a commencé à sculpter vers la trentaine, dans une période où il se sentait particulièrement « libre » de le faire. D’emblée, ses doutes se sont effacés dès qu’il s’est mis à tailler un morceau de bois. Eh oui, il en était capable ! Ces prémices furent pour lui une véritable « révélation ». Peu à peu, la matière et l’artiste se sont découverts et apprivoisés. Et Sam Phil s’est fait sienne la maxime qui dit que « C’est en forgeant qu’on devient forgeron ». Il sculpte toujours en taille directe des pièces en un seul tenant, jouant constamment avec les pleins et les déliés (qui font aussi partie de toute existence humaine), guettant sans relâche ce qui trop souvent nous échappe, mêlant formes et couleurs qui, même à distance, sollicitent nos sens, notamment la vue, le toucher ou l’ouïe. Autodidacte, il s’intéresse par-dessus tout à l’art moderne et à des maîtres tel que Picasso ou Miro.

Chez lui, point de séries. S’attacher à un thème tel que le désespoir ou le côté glauque du monde actuel ne l’intéresse pas. Il réalise plutôt des œuvres dissociables les unes des autres, la plupart du temps en bois peint de couleurs vives, et revendicatives. Parallèlement à la sculpture, Sam Phil s’est aussi dirigé vers le tableau-sculpture que, contrairement à ses sculptures, il peut épingler au mur. Il lui arrive également de tailler la pierre, le marbre, le bronze ou le métal. Sa préférence reste cependant le bois. Tous lui conviennent : tilleul, séquoia, noyer… Tous ont leurs richesses et leurs défauts qui peuvent, dans certains cas, offrir des avantages. Lorsqu’il peint ses couleurs en aplats, il recherche peu l’effet. Il se cantonne à une unité de couleur obtenue via des mélanges qu’il fabrique lui-même. Pourtant, ses œuvres peuvent aussi être bicolores ou multicolores. Rebelle dans l’âme, cet écorché vif ne s’attache guère à l’actualité. Il se laisse guider par ses états d’âme, sa « respiration » par rapport à ce qu’il se passe autour de lui ou à travers le monde, qu’il exprime entre figuration et abstraction.

Son but premier : se surprendre, aller au-delà de lui-même. Pour lui, la sculpture est une forme de résistance à la pression de notre société. Il aime insister sur la technique et multiplie volontiers les vides et les courbes. Lourds et infiniment légers, ses volumes s’entremêlent ou se tissent, peuvent parfois évoquer le Street Art, transmettre -toujours- un message social ou politique à travers des titres souvent très ironiques. D’un naturel discret, il n’aime pas se mettre en avant. Il lui arrive de présenter son travail à travers des Salons, mais finalement c’est assez rare. En Haute-Normandie, nous avons pu le découvrir au Salon de Bonsecours, par ex. Il propose plus volontiers une exposition personnelle, comme il a pu le faire avec son confrère Pierre Magnin, bien connu de tous. Cela ne l’empêche pas de montrer son œuvre un peu partout en France ou à l’étranger, notamment à Rotterdam. Au Salon d’Automne d’Elbeuf-sur-Seine, nous ne pourrons voir que ses sculptures, celles qui évoluent dans l’espace et non celles qui s’épinglent au mur.

Elisabeth Le Borgne


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© photos Axelle Masson

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SALON DE PRINTEMPS - Du 12 au 20 mars 2016

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Invitée d'honneur : Karine LEMOINE - www.karine-lemoine.com

C’est à l’Académie de Peinture (Rouen), sous la houlette de Christian Sauvé dont elle a régulièrement suivi les cours libres dans la seconde moitié des années 90, que Karine Lemoine a véritablement envisagé la peinture de manière sérieuse. Jusque-là, depuis l’enfance, elle avait toujours dessiné et peint, essentiellement des portraits, genre qui déjà l’attirait tout naturellement, mais s’en envisager d’en faire son métier. Christian Sauvé laissait ses élèves s’exprimer sans les abreuver de discours. Juste quelques mots. Juste l’essentiel. Sa méthode convenait parfaitement à Karine qu’il a ainsi aidée à affirmer ce qu’elle savait déjà faire. Chez lui, elle a découvert le pastel aquarellable, le brou de noix, les encres…, croqué de nombreux nus et bien sûr, des portraits, qu’elle réalisait en tenant compte de la technique employée pour les nus.

Les cours libres duraient environ 2 h 30, une « bonne mesure » pour poser rapidement les bases du travail sur un sujet donné selon Karine Lemoine, qui se consacrait alors - avec tous ses amis rencontrés chez Sauvé - à de nombreuses études sur le vif avec une gestuelle rapide, travaillant les aplats de couleurs en amenant le trait, utilisant au fil des années des outils de plus en plus larges. C’est aussi dans les années 90 qu’elle commence à exposer ses œuvres, notamment aux Salons de printemps de Saint-Aubin-lès-Elbeuf où les critiques positives du poète, écrivain et critique d’art Luis Porquet encourageront sa démarche. L’artiste creuse son sillon. Ses formats s’agrandissent. De nouvelles rencontres viennent enrichir son parcours. De nouveaux modèles ou des confrères, mais aussi des gens de théâtre ou des danseurs.

Les années passent. Karine trouve son miel dans son œuvre de peintre, mais il lui manque quelque chose… Elle a besoin d’ouvrir son art à d’autres arts, de développer de nouvelles techniques, d’aborder la peinture différemment, avec d’autres outils. Sa rencontre avec le théâtre est pour elle primordiale. Au Théâtre de la Foudre au Petit-Quevilly, elle oeuvre à même le sol, sur le vif, au pinceau chinois, dans le cadre d’une répétition de spectacle, par ex. Son travail est filmé et retranscrit sur grand écran. Ce sont de belles expériences humaines qui l’éloigneront de ses habitudes de peintre. Plus tard, elle accompagnera aussi le collectif « Commune idée », projet citoyen qui la confrontera à tout type d’artiste, parfois en situation de handicap. En 2010, elle rejoint les comédiens sur scène et combine peinture et théâtre. Elle se frottera aussi à l’écriture par le biais d’un carnet de voyage étroitement lié à son histoire personnelle.

Depuis, elle s’est essayée à l’acrylique et à de gros crayons pastels, en tous lieux, qu’il s’agisse du salon d’amis, de salles de répétitions ou de maisons d’accueil spécialisé où les pensionnaires sont atteints de lourds handicaps. Dans le cadre d’événements comme « Poésie dans(e) la rue », elle croque aussi volontiers les intervenants, danseurs, poètes ou public à l’aquarelle ou au crayon dans un petit cahier. Après un passage un sein du collectif rouennais « La Page Blanche », Karine Lemoine partage maintenant son atelier rouennais avec deux autres artistes, dans un moulin, au bord du Robec. « C’est un lieu où l’on est bien, nous confie-t-elle, et il permet de peindre à l’extérieur comme à l’intérieur. C’est un lieu inspirant et plein de chaleur humaine. » Le propriétaire du moulin aime que le lieu vive. Les portes ouvertes y sont donc fréquentes.

2015 a été intense pour l’artiste. Après une exposition personnelle « Au Jardin de l’Aître » galerie et magasin de fleurs ouvert en janvier 2015, et une année scolaire avec deux classes de Yerville et un comédien metteur-en-scène, elle a été l’invitée d’honneur du Salon de Moulineaux. « Une belle expérience de fin d’année, nous dit-elle, il y avait beaucoup de monde et à l’occasion du décrochage, nous avons fait une fête où j’ai pu peindre sur le vif mes amis artistes venus chanter, lire ou jouer des saynètes. Cela contrastait avec les décrochages habituels. » 2016 promet aussi d’être riche puisqu’elle sera très bientôt l’invitée d’honneur du Salon de Printemps de Saint-Aubin-lès-Elbeuf avant d’aller peindre deux semaines durant à la Linerie de Crosville-sur-Scie avec ses amis et confrères. Puis, du 23 juillet au 7 août, elle sera l’invitée d’honneur du Salon de Criel-sur-Mer. Une artiste, à n’en pas douter, qui a le vent en poupe !

Elisabeth Le Borgne


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© photos José Billaux

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SALON DES OEUVRES SUR PAPIER - Du 30 janvier au 7 février 2016

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Invitée d'honneur : Michèle-Bénédicte JOUXTEL

Michèle-Bénédicte Jouxtel a toujours plus ou moins dessiné ou peint. Cependant, cela ne fait que six ans qu’elle se consacre pleinement à son art. Au fil de sa vie, elle s’est beaucoup intéressée à la bande-dessinée, notamment pour adultes – celle de Bilal, Moebius ou Loustal par ex.- et aux chevaux, en particulier à la race Quater Horse, pratiquant la monte américaine et participant à des concours de reining. Bien qu’elle ait pris des cours de peinture de temps à autre, elle considère que son « art modeste » reste celui d’une autodidacte. Et pourtant… ses études de Lettres Modernes ont été très tôt associées aux Arts-Plastiques abordés non pas de manière académique, mais plutôt en laissant libre cours à sa curiosité et à sa fantaisie personnelles. Elle s’inspirait alors de l’œuvre de Jérôme Bosch et du surréalisme, prenant aussi son miel chez Dali ou Escher, jouant beaucoup avec la fausse perspective. Un peu plus tard, elle a encore opté pour l’œuvre colorée et ludique de Niki de Saint-Phalle, Jean Tinguely, Alechinsky, Dubuffet, Combas… A l’époque, nous confie-t-elle, elle n’était pas mûre pour devenir peintre. Sa personnalité n’était pas encore construite. En revanche, elle écrivait beaucoup. Si elle n’avait pas finalement choisi la peinture, elle serait devenue écrivain et elle aurait écrit… comme elle peint !

Aujourd’hui, sa peinture laisse apparaître les nombreux aspects de sa personnalité. L’artiste affectionne les couleurs -toutes les couleurs- et toutes les nuances de ces couleurs. Les sombres comme les éclatantes, chacune dialoguant avec les autres. Elle a besoin de toutes les tonalités. Pas question de rester prisonnière de quelques-unes d’entre elles. Le réveil du peintre s’est véritablement opéré à Buchy en 2009, via la rencontre de l’artiste d’origine macédonienne Veni Gligorova Smith, alors déjà âgée. Michèle-Bénédicte Jouxtel a été spontanément attirée par la très grande liberté avec laquelle travaillait cette artiste qui a accepté de lui donner quelques cours. Des cours très silencieux, simples. Un mot par-ci, par-là, toujours empreint de bon sens. Une intervention tant minimale que primordiale, créatrice de motivation. Depuis lors, la peinture est devenue indispensable à Michèle-Bénédicte Jouxtel. Elle fait désormais partie de son quotidien même s’il s’agit là de quelque chose de compliqué et pas si anodin puisque l’acte de peindre vient très volontiers creuser en vous pour mieux vous amener à vous dépasser, vous transformer, vous enfoncer toujours plus profondément en vous-même.

« Evoluer, nous dit-elle, c’est quelque chose de constant. Une vraie bagarre, par moments. » Cette lutte se livre pour elle sur différents formats, notamment les formats paysages, les longs et les très étroits, ou le carré qui n’impose rien au départ puisque l’on peut l’envisager dans tous les sens. Le fait d’être autodidacte est pour l’artiste une véritable chance puisque son expression reste parfaitement libre, au point de s’autoriser toutes les expériences possibles. Michèle-Bénédicte Jouxtel ne veut se priver de rien. Tous les médiums sont permis : brou de noix, fusain, gouache, collages, encres, aquarelle, pastel sec ou gras… Pour l’heure, elle travaille essentiellement sur papier, le papier étant selon elle une œuvre d’art en soi. Une matière sensuelle qui forme un beau duo avec la peinture et qui parfois a été réalisé par une main humaine. Un matériau de qualité qui peut être plus ou moins fin ou épais, l’épaisseur étant ici souvent bienvenue. L’artiste a tant besoin du contact main-papier qu’elle peut hésiter longtemps avant de salir le papier de crainte de le gâcher en lui imposant tour à tour contrastes, équilibre et déséquilibre, perspectives improbables, ordre ou désordre quelquefois aux frontières de l’abstraction et souvent inspirés de notre Mère-Nature…

Elisabeth Le Borgne


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SALON D'AUTOMNE - Du 18 au 27 septembre 2015
ELBEUF
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Invitée d'Honneur : Claire MONTOYA

Claire Montoya a grandi dans une famille d'artistes. La peinture était chez elle, comme chez tous les enfants, quelque chose de naturel et les nombreux livres d'art auxquels elle avait accès ont largement nourri son imaginaire comme son besoin d'apprendre. C'est ainsi que son premier professeur fut Paul Gauguin chez qui elle appréciait particulièrement l'équilibre, l'épanouissement et la joie au niveau des couleurs. A l'instar de nombreux confrères elle a débuté par le dessin et la figuration, notamment le portrait dont elle aimait explorer l'architecture des volumes.

Ensuite, elle est entrée aux Arts Décoratifs de Nice puis aux Beaux Arts de Paris où elle a eu le bonheur de suivre les cours de Giacometti et d'Yves Brayer, tous deux excellents pédagogues. De cette époque date l'exposition de Georges Braque au Musée des Arts Décoratifs à Paris montrant sa dernière manière post-cubiste qui l'a durablement marquée par la présence de ses sujets dans l'espace. Suit une période d'une douzaine d'années dans l'enseignement du dessin et travaux manuels en lycées et collèges ainsi que l'histoire de l'art dans un lycée technique. Ces années furent un enrichissement dans sa découverte de la créativité chez les enfants et les jeunes.

Parallèlement à l'enseignement, elle exposait une fois par an en France ou à New-York chez Profil Galerie. Puis, à l'ère des " villes nouvelles", grâce aux concours départementaux, elle a pu participer à des travaux d'équipe avec des architectes, les sujets étant principalement des "repères dans la cité" : sculptures monumentales (dont une de 10 m de long et 5 m de hauteur), fresques sur murs d'immeubles, bassins de mosaïque, cheminements piétonniers etc. Les matériaux utilisés étaient le béton blanc, le bois, la granulite, l'aluminium. D'autres réalisations ont suivi. Par ex. pour la Fondation Rostchild, le Futuroscope de Poitiers, la piscine des Clayes-sous-Bois ou le hall de l'hôpital de Beaumont-sur-Oise.

Plus récemment, à la suite du jumelage d'Arnouville avec la ville allemande de Miltenberg (au sud de Frankfort) elle a eu l'opportunité d'exposer dans les deux musées de cette ville où des œuvres ont été acquises. Une exposition individuelle à Cologne a suivi. Entre temps, elle avait découvert la Normandie où elle est installée depuis 38ans, y appréciant le dynamisme dans le domaine de la culture et de l'art et exposant à l'Abbaye de Bonport, Rouen, Les Damps, La Bouille, Vandrimare, Alizay, Bonsecours, l'Usine à Zabu ou Conches. N'oublions pas la région parisienne et ses galeries Visconti, Lavigne Bastille et Salons Réalités Nouvelles et Comparaisons.

Claire Montoya est très tôt passée à l'abstraction via l'observation de la nature, de l'infiniment petit à l'infiniment grand. Dans l'étude des minéraux et parois rocheuses, véritables bas-reliefs abstraits, elle ressent mouvement, organisation et espace. L'œuvre joyeuse et très colorée de Claire Montoya a connu un tournant essentiel dans les années 90 avec la découverte du verre Bullseye, verre à fusing proche du cristal qui lui a permis de réunir la peinture et la sculpture, en intégrant des compositions à des volumes et bas-reliefs. C'est ainsi que la lumière vient se glisser à travers ces peintures-sculptures, entre strates et couches de sable, de verre de couleur et baguettes de verre qui semblent révéler le minéral, où ses aplats aux couleurs vives voisinent avec un blanc intense, donnant à l'ensemble relief et volumes.

Ses paysages inventés ou réinterprétés sont aussi nés au Maroc de son enfance où elle a vécu plusieurs années et où la lumière très particulière permet à toutes les couleurs de s'harmoniser entre elles. La beauté du pays où tout est mouvement, ses paysages et sa culture ont beaucoup appris à l'artiste. Ses projets pour demain? Associer le verre à de nouvelles matières, la pierre ou l'ardoise par ex.

Elisabeth Le Borgne
Pour en savoir plus : www.claire.montoya.free.fr


Invitée d'Honneur : Dominique CHOUMILOFF

« Peindre, c’est osé », déclare d’emblée Dominique Choumiloff. « On se montre même si on se cache un peu derrière ses toiles. Exposer, c’est s’exposer même si la peinture s’interprète. Il y a un pas à faire… » Dès le départ, l’artiste exploite deux thèmes qui lui restent chers : le dedans et le dehors. L’intérieur, l’espace privé, « la paix et la pause dans le brouhaha du quotidien ». La pause-café en quelque sorte. Elle aime les lignes de ses objets paresseux et dialogue avec eux tout en les mettant en scène sur une table conviviale, par ex. Et « les territoires », cet extérieur qui ne lui appartient pas, de grands espaces « où l’on prend l’air », déterminés par des champs aux formes géométriques et leurs couleurs spécifiques à chaque saison.

Si elle y réfléchit, elle ne sait plus très bien à quel moment elle en est venue à peindre. La peinture s’est glissée dans sa vie sans se faire remarquer. Le dessin au fusain d’abord, beaucoup de nus, des croquis rapides ; la peinture après. Elle aime la couleur et les formes. Cela fait tant partie d’elle-même qu’il lui est impossible de le traduire. Elle a exposé pour la première fois en 1997. Pour elle qui était timide, ce fut difficile… Pourtant, le premier pas était fait… et les Salons ont fait boule de neige… puis, les galeristes se sont intéressés à son travail et elle a apprécié ses expositions en galeries, plus encore qu’en Salons. « Il n’y a pas d’âge pour créer, nous dit-elle, et mon style est intemporel comme bien d’autres. Les styles de Picasso, Braque ou Matisse, par ex. n’ont rien de « datés ».Dominique Choumiloff se considère davantage comme une artiste moderne que contemporaine. Au fil d’une vie rapide, elle cueille les petits bonheurs, les petits plaisirs du quotidien. Ce sont des pauses où elle travaille tout en éduquant son œil.

« L’éducation de la mémoire de l’œil est très importante, souligne-t-elle. C’est l’œil qui a le catalogue, c’est lui le déclencheur car la peinture passe avant tout par ce que l’on voit. » Chez elle, le geste est ample. Il a besoin d’espace, de grandes toiles. L’artiste ne veut surtout pas se sentir coincée dans un petit format. Comment travaille-t-elle ? D’abord, elle efface l’espace blanc de la toile, sans réfléchir. Elle suit sa pente naturelle. C’est la toile qui l’emmène, qui la guide. Elles dialoguent entre elles. La toile lui parle et si l’artiste n’est pas d’accord, elle peut se fâcher et provoquer le hasard en laissant des empreintes de tout ce qui peut permettre de bousculer la conversation. Elle colle, décolle, recolle, gratte, fait des striures, provoque à nouveau la toile, lui rentre dedans, prolonge le dialogue autant qu’elle le peut… mêlant l’ordre à la fantaisie, observant les réactions de la toile. Cela se poursuit jusqu’à ce que toile et artiste soient satisfaites du résultat obtenu.

« Quand a-t-on terminé ? s’interroge Dominique. Grande question… Qui doit avoir le dernier mot ? C’est une sorte de jeu. Parfois, il est nécessaire de laisser la toile reposer, de faire autre chose, de reposer son œil. L’œil du matin vous dit beaucoup de choses. Il est à l’écoute de l’oeuvre qui, comme elle, a besoin de respirer. Il ne faut pas la bloquer. Il y a une vie là-dedans. Un truc en plus peut être « trop » et tout gâcher. Le tableau s’éloigne de vous. Il faut le récupérer. » Dominique peint-elle une toile à la fois ou s’attaque-t-elle à plusieurs sujets en même temps ? Cela dépend… Si elle ressent bien son travail, elle peut se limiter à la première. Sinon, elle recommence pour s’échapper de l’autre. Il arrive aussi que plusieurs toiles soient en attente dans l’atelier. Cela peut durer plusieurs mois ou plusieurs années. L’artiste peint toujours en atelier. « L’extérieur, c’est juste pour la promenade », dit-elle. « ou le jardinage… », autre centre d’intérêt de Dominique.

A Elbeuf, Dominique Choumiloff présentera une bonne dizaine de toiles illustrant bien sa démarche : le dedans et le dehors. Des toiles simples, des diptyques, des triptyques… qui font un bon parallèle avec les œuvres de Claire Montoya. Chez elle aussi de la couleur, moins flamboyante peut-être que chez sa consoeur. Plus sobres, avec de belles harmonies. Citons pour exemples, son diptyque « Quelque part » (le dehors) ou son triptyque « Dans la maison » sur fonds rouges (le dedans). Un intérieur recréé par le regard. Puis, un nouveau paysage entrevu, « Il existe un endroit », un arbre solitaire entre bleus, jaunes et verts, « Ici ou ailleurs ». Des champs bleus, verts, jaunes, blancs… « A travers champs ». Une dominante bleue avec une tache rouge, « Territoires bleus ». Des natures mortes encore, « La table aux pommes », « Les deux bouteilles ». Une jolie composition également et de belles harmonies de couleurs pour « Au gré des champs »… Champs et paysages du dehors vers lesquels iraient tout naturellement notre préférence…

Elisabeth Le Borgne
Pour en savoir plus : www.dominique-choumiloff.fr/indexbio.htm
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SALON DE PRINTEMPS - Du 18 au 26 avril 2015
SAINT-AUBIN-LES-ELBEUF
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Invitée d'Honneur : Elisabeth BESNIER

Elisabeth Besnier est encore une jeune peintre puisqu’elle ne s’adonne vraiment à son art que depuis 6 ou 7 ans. Pour elle, l’aventure a commencé au cours des années 2000 via une boîte d’aquarelles qui lui fut offerte. Jusque là, elle n’avait fait que suivre son penchant pour les choses manuelles : le dessin, la décoration de sa maison, le carrelage ou la mosaïque, la customisation de cassettes etc. Elle s’est vite piquée au jeu de l’aquarelle et s’est tout aussi vite rendu compte qu’elle avait besoin d’aide. Régis Bouffay, qui fut l’invité d’honneur du Salon des Œuvres sur Papier de Caudebec-lès-Elbeuf en 2014, devint son professeur. Chez lui, elle a peint des natures mortes, des compositions et bientôt, des modèles vivants que l’enseignant avait eu l’extrême courtoisie de faire venir à l’atelier une semaine sur deux, en bonne partie pour elle qui, spontanément, fut tentée de reproduire des personnages. Quelquefois encore, elle allait peindre sur le motif avec le groupe de l’atelier.

6 années furent consacrées à l’aquarelle, puis elle passa à la peinture à l’huile, plus souple que l’aquarelle, puis au couteau, instrument avec lequel elle se sentit dès le départ étrangement à l’aise. « Un couteau, nous dit-elle, est un instrument familier. Nous nous en servons toute la vie. » Cependant, elle ne tarda guère à remettre son travail en question. Ce qu’elle faisait chez Régis Bouffay ne lui suffisait déjà plus. L’attitude des modèles ou l’expression de leur visage ne la satisfaisaient pas toujours. Devait-elle continuer à peindre les modèles sur place ? « Les choses évoluent. On les fait aussi évoluer, nous confie l’artiste, on apprend pour se libérer de ce que l’on a appris. » Rapidement, elle a quitté l’atelier de Régis Bouffay et photographié ou filmé ses modèles, saisissant au vol un geste ou une expression qu’elle peignait ensuite en solitaire dans son propre atelier. Ce procédé reste la base de son travail.

Aujourd’hui, elle peint moins de personnages « de pied en cap ». Elle opte davantage pour le portrait et, depuis peu, se rapproche de la scène de rue, de la foule. Son inspiration la fait bouger malgré elle. Ce n’est plus elle qui décide. Les portraits laissent un peu de blanc sur la toile qui s’allège ainsi. La représentation du couple la tente également. Elle a bien essayé… mais pour l’heure, le résultat ne lui convient pas. Elle songe aussi au paysage que, jusqu’ici, elle a toujours peint en groupe, sur le motif, avec l’atelier de Régis Bouffay. « On travaille autrement seul ou en groupe, souligne Elisabeth Besnier. J’ai besoin d’un coup de cœur et d’un gros travail de recherche. Il faut que cela passe par l’émotion. » Le coup de cœur pour un paysage, elle ne l’a pas encore eu. Mais… peut-être un paysage aura-t-il bientôt un coup de cœur pour elle ?

La préférence de l’artiste va plutôt aux grands formats qu’aux petits qui limitent sa gestuelle. Il lui faut de la place pour travailler. Pourtant, pour le moment, elle n’ose pas non plus aborder un format trop grand. Cela viendra avec le temps. Depuis peu, sont apparus sur ses toiles, de grands traits qu’elle trace d’un geste ample, un peu à la manière dont Zorro signe sa victoire sur ses adversaires. Ces traits-là sont venus spontanément, dans l’indiscipline la plus totale, puis ils se sont laissé dompter. « Il faut rater beaucoup de toiles et se poser de nombreuses questions, nous dit l’artiste, avant de réussir une œuvre. L’échec est une bonne chose. Il est le moteur d’autre chose. Le parcours est plus important que la toile achevée. On ne parle jamais assez de ce qui se passe au cours de l’inspiration, de toutes les questions que l’on se pose au fur et à mesure que l’on peint, de tout ce bonheur ressenti même lorsque l’on n’est pas content de son travail. Dommage qu’on oublie la démarche pour ne retenir que le résultat. »

Elisabeth Le Borgne
Liste des participants :



SALON DES OEUVRES SUR PAPIER - Du 31 janvier au 8 février 2015
» Liste des participants
» Critique de Elisabeth LE BORGNE
» Discours de Eliane GROUARD

Invité d'Honneur : Michel ABDOU

Invité d’honneur du Salon des Œuvres sur Papier de Caudebec-lès-Elbeuf, Michel Abdou y présente une vingtaine de moyens formats et 4 petits formats. Une majorité de paysages ou de jardins ouvriers dont l’atmosphère très particulière le touche beaucoup, et quelques marines… ou plutôt bords de mer à marée basse… car l’artiste, qui « n’est pas marin du tout », affectionne plus encore le Port d’Erquy (par ex.), lorsque la mer s’est retirée. Pour lui, à ce moment de la journée (ou de la nuit), « le bateau incliné existe d’une autre manière. Il devient une sorte de personnage ».

« Quand on commence à peindre ou à dessiner un paysage, nous confie-t-il, il est abstrait dès la première touche. » Il connaîtra ensuite plusieurs étapes avant de devenir ce que le visiteur peut admirer aujourd’hui. Le peintre -« figuratif, un peu classique », c’est ainsi qu’il se définit- travaille sur le motif, choix que les artistes « modernes » font de moins en moins, et tient à cette première étape en extérieur qu’il peaufine ensuite dans son atelier. Bien des années après son premier coup de pinceau, il garde le même plaisir à planter son chevalet devant un paysage. Dans l’ensemble, sa gamme est assez grise à l’instar du marais poitevin qui fut pour lui une bien belle rencontre. Au niveau graphique, ses bosquets, saules, eaux sombres et reflets sont très intéressants à traiter.

Enfant, Michel Abdou était à la fois « grand lecteur et grand rêveur ». Il dessinait souvent, sans se douter cependant qu’un jour cela prendrait de l’importance dans sa vie professionnelle et dans sa vie tout court. Nous dirons qu’au fil des années, le dessin l’a « accompagné un peu ». Il a une quinzaine d’années quand il commence à quitter progressivement le foyer familial et découvre la musique qui, elle aussi, comptera beaucoup. Après son service militaire, au tout début des années 70, il retrouve un camarade avec qui il a partagé ces mois si particuliers dans la vie d’un garçon. Chez lui, il rencontre un fusain et il est fasciné. Il apprend alors que le jeune homme, pâtissier-chocolatier dans le civil, dessine et prend des cours du soir aux Beaux-Arts de Rouen.

C’est ainsi qu’il s’y inscrit à son tour dès la rentrée suivante. Le niveau des cours du soir est excellent et les candidats sont nombreux. Avant d’y accéder, il faut montrer patte blanche… mais Michel est sélectionné. Alors, il s’inscrit partout : fusain d’abord, découverte de l’art, puis sculpture et décoration. Ses professeurs seront André Mouillé, René Leleu et plus tard, lorsqu’il aura finalement opté pour la peinture, Christian Sauvé. Quatre années durant, il y passera quatre soirées sur cinq. Parallèlement à ces cours, il travaille dans le bâtiment pour le compte d’un patron. Il s’agit là d’un métier très prenant et très fatigant. L’artiste décide rapidement de s’installer à son propre compte en tant que peintre décorateur, ce qui lui permettra d’aménager ses horaires afin de poursuivre avec moins de contraintes son travail personnel.

Son premier coup de cœur dans le domaine pictural et plastique, est allé spontanément vers l’art égyptien dont il admire la spiritualité exprimée en petit ou grand format, sous forme de peintures ou de sculptures. Pour lui, apprendre en dessinant ou en peignant, fut « un merveilleux voyage dans l’art pictural », l’art antique étant le socle de l’apprentissage, dit académique, de l’histoire de l’art. Gauguin l’a aussi beaucoup marqué par sa vision synthétique de l’œuvre, son éclectisme et l’extraordinaire intensité de ses couleurs. Van Gogh encore, pour sa sincérité, et entre tous les Impressionnistes, Manet qui nous dit « tout » avec un minimum de touches. Cézanne pour ses constructions, la hardiesse de ses mouvements, de ses couleurs. Puis les abstraits dont la palme revient, selon lui, à Chu Teh-Chun, découvert voilà une quinzaine d’années au Palais des Consuls et qu’il compare volontiers à Turner.

Lorsque Michel Abdou peint un paysage, c’est à ces magnifiques artistes qu’il pense. A leur démarche, à leur rythme… « Un peintre doit continuer à peindre, nous dit-il, il y trouvera toujours son compte. » Même si à une époque dont le maître-mot est « Communication », la communication, justement, est de plus en plus difficile. Car, pour être vu, un artiste a besoin d’être relayé par la presse, par la critique. Sans le soutien des journalistes, un artiste ne peut que mourir, du moins pour le grand public. Comme tant d’autres de ses confrères, l’artiste enseigne également son art à Rouen, le mercredi après-midi et en soirée (8 personnes maximum). Il propose également des stages d’une journée ou deux.

Elisabeth Le Borgne
Liste des participants :

SALON D'AUTOMNE - Du 14 au 23 novembre 2014
» Liste des participants
» Les artistes primés
» Critique de Elisabeth LE BORGNE

Invité d'Honneur : François PRISER

Le peintre François Priser – dont l'œuvre est internationalement connue et reconnue - est né à Yvetot au début des années 50. Moins de vingt ans plus tard, il rencontrait pour la première fois un artiste qui compte encore beaucoup pour lui, Gerhard Richter. C'était aussi le temps des premières expositions collectives. Vers la fin des années 70, il fréquente Paul Rebeyrolle, rencontre Daniel Buren et se rapproche peu à peu de l'art conceptuel. En 1980, il s'installe à l'Abbaye d'Ouville qui, un an plus tard, deviendra Centre d'Art et de Recherche. A cette époque, il rencontre aussi le peintre catalan, Xavier Oriach, fondateur du Centre d'Art Contemporain de Jouy-sur-Eure et Pierre Tal Coat. Au mitan des années 80, il effectue plusieurs voyages d'étude à Venise et à Florence et une nouvelle porte s'ouvre. Celle du Théâtre avec la réalisation de décors pour la comédie musicale « Godspell » au Théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris.

En 1987, un séjour à Bogota (Colombie) lui permet de rencontrer nombre d'artistes et intellectuels dont Antonio Grass, peintre et spécialiste des arts préhispaniques en Colombie. Cette même année, il fait aussi la connaissance de Jean-Jacques Lesgourgues, important collectionneur avec lequel il travaillera une quinzaine d'années (Collection CAVIAR) et obtient le Grand Prix de l'observatoire de prospective à Rouen avec la toile « Ficci Campus » acquise par le FRAC de Haute-Normandie. A la fin des années 80, la production Arrêt sur image réalise un film vidéo sur ses œuvres au goudron : Priser entre les déchirures. Lui-même s'attaque à la scénographie de « Nationalité Française » signé Yves Laplace et mis en scène par Hervé Loichemol au Théâtre Patino de Genève et au Théâtre National de la Colline à Paris, puis en 90, à celle de « Madame de Staël ou La communauté des esprits » de Yves Laplace également mis en scène par Hervé Loichemol au Théâtre de Poche de Genève. Dans les années 93 à 96, le Festival de la Bâtie (Genève) lui commande une installation pour les « Journées de Voltaire à Sade » : Monsieur le 6 ».

En 1997, il s'installe à Séville (Espagne) où il rencontre encore moult artistes. Il expose également à l'Institut Français et à la galerie Sibila, donne des conférences et réalise la scénographie de « Nuit pâle » au Palais de Catherine Anne, Théâtre des Agités à la Maison de la Culture d'Amiens, à la Scène Nationale de Poitiers et au Théâtre de la Bastille à Paris. Au cours des années suivantes, les conférences et débats se multiplient et à New-York, il rencontre Paul Auster en vue de la création théâtrale d'un texte inédit « Laurel et Hardy vont au paradis » dont il va réaliser la scénographie, les décors et les costumes. A l'aube des années 2000, il expose « Les vents » à l'Abbaye Saint-Georges de Saint-Martin-de Boscherville et débute une étroite collaboration avec l'atelier de gravure « De la pierre aux pixels », notamment avec son responsable technique, Philippe Martin. En 2002, il dessine l'affiche et réalise les décors de « Léonce et Léna » de Georg Büchner, mis en scène par Philippe Faure et Jean-Pierre Berthomier à Poitiers, puis l'affiche des « Septièmes semaines européennes des orgues de Rouen » avant de réaliser les décors peints pour les «Cérémonies du Bicentenaire de la Création de la Légion d'Honneur » au Théâtre des Arts de Rouen.

Peu après, « De la pierre aux pixels » édite une suite de dix estampes numériques : « Typonyme », Edition « Les Vents indigènes », série en porte-folio de dix gravures, pointes-sèches et eaux-fortes. En 2005, réalisation de l'affiche pour le Festival de chant choral « Voix de Fête » de Rouen. Entre 2006 et 2010 sortent les films « Dans ma nuit », documentaire réalisé par Marc Toulin et coproduit par FR3 Normandie, et « Mille Sabords », à partir de son travail sur Bertha Galeron de Calonne. Plus près de nous, entre 2011 et 2013, il a réalisé les scénographies de « Rouen givrée » pour la ville de Rouen, l'éclairage des espaces publics et une installation sur les rives de l'Ile Lacroix. Ce fut aussi l'heure de la création d'une association réunissant amis et collectionneurs dans le but de promouvoir et de valoriser l'œuvre de François Priser : Philocalie.

L'œuvre de François Priser ne se limite pas au dessin et à la peinture. Il a aussi une production littéraire conséquente dont la qualité n'a rien à envier à celle de sa peinture. Son rayonnement intellectuel est très large. Il a aussi donné de nombreuses conférences à travers le monde. Au début des années 70, il avait déjà beaucoup écrit, notamment une longue suite poétique, puis il s'est bientôt intéressé au mouvement de la Poésie sonore ce qui lui a permis encore de multiples rencontres dont celle de l'écrivain Henry Miller. Au cours des premières années 2000, il s'est lancé dans la rédaction d'un roman autobiographique, « prétexte à des propos sur l'engagement artistique » : La leçon de peinture. En 2005, le voilà en contact avec une cinquantaine de lettres de célébrités telles que Pierre Loti, Mallarmé, Carmen Sylva ou Maurice Levaillant, adressées à Madame Bertha Galeron de Calonne (1859-1936), poétesse sourde et aveugle. Entre 2011 et 2013, il a rédigé une série d'ouvrages sur le 18ème siècle à la veille de la Révolution, plus précisément sur la science des ballons, le théâtre français et Charles Alexandre de Calonne, arrière-grand-père de Bertha, Ministre et Contrôleur général des finances de Louis XVI. En cette année 2014, l'artiste publie « Lettres à Sade », dialogue d'outre-tombe entre cet étrange personnage qui aujourd'hui encore reste d'actualité et nos contemporains. L'ouvrage paraît sous la direction Catriona Seth aux Editions Thierry Marchaise. Sort également « Par-dessus toute chose » aux Editions Area avec une préface d'Alain Ducrocq. Pour fêter dignement l'événement, François Priser expose son travail au Havre (Galerie Production Autre) et à Paris (Galerie Area).

L'œuvre de François Priser n'a jamais recherché la ou les modes. Elle est atypique, intemporelle et elle se renouvelle constamment. Les compositions aussi rigoureuses qu'harmonieuses, les recherches du côté de la matière – l'artiste utilise notamment le noir goudron, papier d'emballage tramé utilisé par les mareyeurs fécampois -, les craquelures et effets de matière qui souvent prolongent le geste, nous conduisent tout droit entre deux mondes, celui de l'abstraction et de la figuration. La réflexion philosophique revient sans cesse nourrir des thèmes qui tournent fréquemment autour de l'eau, de la mer, des pierres, des arbres et des plantes, ou du temps. De l'humour aussi dans un univers ou la présence humaine, bien palpable, reste sous-jacente. Devant les somptueuses toiles de ce magnifique artiste, nous sommes confrontés à nos propres silences, à notre propre solitude. Notre propre imaginaire est sollicité. En ce qui me concerne, le jour où je me suis trouvée face à son œuvre, juste quelques mots me sont venus : « Un peintre. Un vrai. »

Cette année, les deux invités d'honneur du Salon d'automne vivent et travaillent en Normandie. Pour autant… et loin s'en faut… ils ne sont pas dénués de talent. Comme quoi... Rien ne sert d'élargir nos frontières. Nous avons ici, en Normandie, des artistes qui méritent largement d'être mis à l'honneur dans les divers Salons de l'agglomération elbeuvienne.

Elisabeth Le Borgne

Invité d'Honneur : Jean-Marc de Pas

« J'habite une terre,
Ou,
Devrais-je dire,
Je suis habité par une terre.
Une terre d'enfance,
Une terre d'asile.
J'ai poussé là comme un arbre,
Et mes doigts,
Devenus racines,
Fouillent les profondeurs de la glèbe.

J'ai grandi sur le lieu-dit : « La Glos ».
De vieilles gens, dans le village,
Disent que cela signifie : la glaise.
La glaise comme terre d'origine.
La glaise, terre grasse, terre d'argile.

Elle a porté mon enfance,
Elle m'a modelé.
La terre modèle les hommes.
Elle m'a pris en son sein,
A mis en moi le goût de la pâte.

Elle m'a donné l'âme d'un modeleur »



Rien ne pourrait mieux définir l'homme et le sculpteur qu'est devenu Jean-Marc de Pas que cet extrait de sa thèse, « Le malléable et sa pétrification – essai poétique sur une pratique sculpturale » (Presse Universitaire du Septentrion à Lille). Via cette glaise, cette terre, - son matériau préféré - l'artiste modèle des visages et des corps pleins de grâce et d'harmonie en petit ou en très grand format depuis quelque vingt-cinq années. Cependant, son œuvre majeure restera son « Grand jardin des sculptures » qu'il peaufine sans trêve depuis son entrée dans l'âge adulte, moment où il a reçu en héritage le lieu magique qui nourrissait son imaginaire depuis l'enfance : le château de Bois-Guilbert et son vaste parc qu'émaillent aujourd'hui soixante-dix sculptures qui prennent toutes leurs aises dans l'espace, où l'on peut aussi se perdre ou trouver son chemin sans difficultés à travers un labyrinthe végétal. Ce « Jardin des sculptures » a vu le jour dès 1988. Il a été conçu et aménagé sur sept hectares. Actuellement, cinq nouveaux hectares se préparent à l'agrandir et il fait d'ores et déjà partie de la plus belle collection de promenades des Parcs et Jardins de Haute-Normandie. Différents guides nationaux ou régionaux, tels les ouvrages des Editions normandes Christine Bonneton, vantent aussi son charme.

Jean-Marc de Pas est tout aussi paysagiste que sculpteur. Il sculpte toujours en tenant compte de ce qui pousse sur la terre. Qu'elles soient en terre, en bronze ou dans des matériaux plus contemporains, les œuvres sont conçues comme faisant partie d'un tout. La poésie habite chaque recoin du lieu, des souvenirs aussi, toute une histoire qui a laissé ici et là son lot de symboles. Depuis l'an 2000, l'artiste travaille également sur un Projet de Jardin de sculptures en hommage à Saint-Exupéry en Russie, sous l'égide de l'Ambassade de France et de l'Alliance Française, avec le soutien de la famille de l'écrivain-pilote. Au début des années 2000, il a encore conçu plans et sculptures sur les Hauts de Rouen et le Jardin de la paix à Maharès, en Tunisie.

Son parcours de sculpteur démarre à proprement parler dans les années 90 : des trophées, des figures connues comme celles de l'abbé Pierre, Marcel Dassault, Jean Gabin, Saint-Exupéry, la Comtesse de Paris, Guillaume le Conquérant, dix bustes en bronze de nos « Grands navigateurs » destinés au Pont Boieldieu de Rouen ou de Laetitia Casta (dont le buste de la « Marianne de l'An 2000 » est arrivé second au concours national) réalisés en bronze ou en résine - ou dans un mélange des deux –. Un bronze de Balzac encore, commande de la DRAC pour la station Balzac du Métrobus de Rouen, bustes de Ptolémée et Galilée (staff) exposés au Musée de l'Air et de l'Espace dans le cadre du Salon du Bourget 2007. Ou des œuvres inspirées tout droit de la mythologie : « Gaïa », « Eole », « Ondine »... Et puis, des œuvres monumentales comme « La Fontaine des trois sources », bronze d'une hauteur de 2,40 mètres à Forges-les-Eaux, « La femme ailée », bronze de 2 mètres installée à Canteleu, les « Femmes des cinq continents » (performance en public à l'occasion de l'Armada 2008 – Rouen), ou « L'arche d'alliance », « Le cadran solaire », « L'escalier du temps », (Jardins de Bois-Guilbert),

Diplômé des Beaux-arts de Paris et de l'Ecole Boulle, Docteur en philosophie et sciences de l'art, Jean-Marc de Pas a désormais derrière lui une œuvre impressionnante, notamment moult sculptures monumentales installées sur des places publiques, dans des entreprises ou chez des particuliers. Outre sa publication de la thèse évoquée ci-dessus, il a également fait paraître « Nature et Création » in « Poïétique et Culture » (Edition Biruni/Arcantère – Paris).

Elisabeth Le Borgne



Liste des participants :



SALON DE PRINTEMPS - Du 12 au 21 avril 2014
» Liste des participants
» Les artistes primés
» Critique de Elisabeth LE BORGNE

Invitée d'Honneur : Marie-Reine COMPTIOS

D'abord, Marie-Reine (dont la signature d'artiste se limite à son prénom) a montré son travail à Elbeuf-sur-Seine, Caudebec-lès-Elbeuf et Saint-Aubin-lès-Elbeuf, où il a été remarqué, encouragé puis primé. Pour elle, être aujourd'hui l'invitée d'honneur du Salon de Saint-Aubin-lès-Elbeuf est une forme de couronnement de ses efforts, une stimulation de sa créativité, un encouragement « à aller plus loin ».

Autodidacte, elle est artiste professionnelle « à 200% » depuis 2004. N'ayant pas trouvé tout à fait son miel dans ce qu'elle a pu faire auparavant (théâtre, arts-martiaux, service public…), il est venu un jour où elle a ressenti un besoin impératif d'exprimer par la peinture, la sculpture, le dessin ou la gravure, tous ces mondes qui l'habitaient et qui ne demandaient qu'à déborder afin « d'aller au bout de ses intentions », à savoir « être soi-même avec soi-même jusqu'au bout du cheminement ».

En « cherchant sa petite porte », elle a fini par trouver sa « petite fenêtre » en passant par une phase de travail des plus intimes qui ne peut qu'élever l'esprit avant de s'ouvrir peu à peu au public. Si les arts-martiaux font appel à l'esprit autant qu'au corps physique, le travail sur toile ou la sculpture sont aussi un réel corps à corps qui met l'artiste aux prises avec la fulgurance de nombreux flashes qui, pour ce qui est de quelques-uns, finiront par lui faire atteindre une certaine jouissance.

Marie-Reine a vécu en Afrique une enfance atypique qui l'a tôt placée face aux conditions de vie difficiles des femmes. Depuis lors, elle poursuit un combat personnel qui la pousse vers l'émancipation et l'indépendance de la femme, d'autres femmes lui ayant servi de modèles. La parité est son maître-mot. Elle rêve « d'une femme sans voile et sans contrainte qui choisit elle-même sa destinée ». En quelque sorte, à l'instar de l'écrivain Clarissa Pinkola Estes, elle ne cesse d'explorer « la femme sauvage » qui est en elle afin de la libérer du carcan dans lequel nos sociétés se plaisent encore et toujours à enfermer les femmes, y compris en Occident quoi qu'on en dise.

Bien sûr, il s'agit là d'un combat de tous les jours qui ne peut que venir faire écho à l'œuvre picturale de l'artiste qui tend à mêler les techniques classiques et contemporaines, les faire contraster via diverses matières, à l'image de la vie même. Une recherche particulière et un procédé distinct pour chaque œuvre qu'il s'agisse de peinture ou de sculpture, ou d'ailleurs de tableaux-sculptures. Deux de ces derniers seront visibles à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, mettant l'accent une fois encore sur l'idée de parité. Un homme, une femme, un même concept : « Le corps de la femme appartient à la femme ».


Citons encore quelques œuvres très récentes, « Evolution de la vie des femmes en marche » dans une dominante bleue, un mélange de techniques anciennes et contemporaines, sorte de laque qui représente les différentes couches de nos vies. Un diptyque « Les femmes au Panthéon », tableau évolutif qui deviendra triptyque dès 2015 avec l'arrivée de deux femmes au Panthéon. Un autre triptyque que nous ne verrons pas au Salon reprend aussi les dates-clés de l'avancée des femmes.

Depuis 2005, Marie-Reine enseigne aussi son art. Ayant vécu autrefois près des lépreux africains, elle ouvre aujourd'hui son atelier aux personnes en situation de handicap. Il s'agit là « d'un lien entre ce qu'elle est, ce qu'elle fait et ce qu'elle créé ». Dotée d'une grande curiosité, sans aucun doute nourrie par les multiples univers aussi hétéroclites que différents dans lesquels elle baigne depuis l'enfance, Marie Reine aime aussi « découvrir, regarder et apprécier ce que font les autres ». « C'est par la rencontre, nous dit-elle, que la synergie se fait ».


Le Salon de Saint-Aubin-lès-Elbeuf permettra au public de découvrir une petite trentaine d'œuvres de l'artiste. Nous en avons évoqué quelques-unes. Issues de ses périodes Bleu de Prusse, Rouge Elios ou Noir de Mars…, citons encore : « Souvenirs d'amours », « Holocauste », « La voix de la création », « Pas de Fraternité sans Egalité et Liberté », « Le Yin et le Yang », « Colère noire 2 », « Notre Eternité », 2 « Voies lactées » et toutes les surprises que Marie-Reine nous concocte.

Elisabeth Le Borgne


Liste des participants :



SALON DES OEUVRES SUR PAPIER - Du 25 janvier au 2 février 2014
» Invité d'Honneur : Régis BOUFFAY
» Liste des participants
» Les artistes primés
» Critique de Elisabeth LE BORGNE

Photos du salon :











Liste des participants :






SALON D'AUTOMNE - du 16 novembre au 1er décembre 2013

» Invités d'Honneur : Elizabeth MARION-ROUSSEY et Guy NOUCHY
» Liste des participants
» Les artistes primés
» Critique de Elisabeth LE BORGNE

Le Salon d'Automne de la Société des Artistes d'Elbeuf Boucle de Seine fête cette année son 65ème anniversaire. La première exposition fut, en effet, organisée du 16 au 24 octobre 1948 à la propriété Weill - au numéro 3 de la rue d'Alsace à Elbeuf - à l'initiative de quelques peintres elbeuviens qui décidèrent de fonder une association afin de montrer leurs œuvres au public. Elle regroupait 18 artistes dont Louis et Lionel Vergetas, Albert Blin, Marcel Martin, Eugène Courteheuse, Gabrielle Vasse… et avait pour invité d'honneur Roland Dufils. L'événement obtint un franc succès.

Le premier président de l'association fut Louis Vergetas, peintre et restaurateur de tableaux réputé (il travaillait pour le Musée du Louvre). Il anima le groupe onze années durant, puis passa le relais à Monsieur Briand en 1960 et dès 1961 à Albert Blin jusqu'en 1965, date à laquelle la Société Amicale des Artistes Elbeuviens et des environs comptait déjà une cinquantaine de membres. En 1965, le nouveau président, Lucien Hainneville innove les invités d'honneur, formule adoptée dès la première exposition et rejetée dès 1949, chacun des peintres présentant alors une quinzaine de tableaux. Grâce à Lucien Hainneville, peintre et élève de l'Ecole d'Elbeuf animée par Lionel Vergetas, l'Amicale amorcera une belle progression. En 1970, Lucien Hainneville démissionne et demande à Claude Lamboy de bien vouloir lui succéder ce qu'il fit jusqu'en 1996 avec l'aide précieuse de Roger Potel, secrétaire et cheville ouvrière des projets élaborés pour donner un nouvel élan à l'Amicale. Eliane Grouard, secrétaire à son tour depuis 1984, le relaiera jusqu'à aujourd'hui. Elle sera la première femme à présider la Société qui, à plusieurs reprises, au fil de son histoire a changé de nom, l'aura des Salons de l'agglomération elbeuvienne s'élargissant jusqu'aux galeries et Salons parisiens.

Jusqu'à l'arrivée de Claude Lamboy à la présidence, le Salon d'Automne était le seul événement pictural de l'année et les peintres travaillaient essentiellement dans le but d'y proposer leurs œuvres. Dans l'intérêt de la Société et des peintres, Claude Lamboy et Roger Potel choisirent de créer un nouveau Salon qui ouvrit ses portes pour la première fois au printemps 1973 à Cléon, à l'initiative du maire de la commune, Monsieur Luce. Pour des raisons pratiques, le Salon de Printemps, essentiellement voué aux nouveaux talents, fut ensuite transféré à Saint-Aubin-lès-Elbeuf avec l'accord de la municipalité cléonnaise. Au vu de la qualité et du succès grandissant des Salons, plusieurs autres communes de l'agglomération sollicitèrent l'Amicale pour créer le leur. C'est ainsi que naquit, au début des années 80, le Salon du dessin et de la peinture à l'eau de Caudebec-lès-Elbeuf, devenu entretemps le Salon des oeuvres sur papier.

Cette Société qui, dans un premier temps, était une Amicale, a longtemps gardé son esprit d'origine. Chaque Salon avait son invité d'honneur choisi parmi les artistes de la Société qui a connu d'illustres peintres. Depuis une vingtaine d'années, un sculpteur est également invité d'honneur du Salon d'Automne. Quelques exemples d'invités d'honneur : Georges Wakhévitch, Christian Sauvé, Georges Blouin, Hubert Bocquet, Vincent Lajarrige, Patrice Delaune, Patrice Thibout, Alain Chavatte, Jean-Louis Filoche, Antoine Josse, Odile Rousselet, Marie-Christine Aulnay, Alain Husson-Dumoutier, Jean-Paul Chablais, Christophe Ronel, Coskun, Denis Monfleur, Hélène Legrand, Hun-Sook Shin, Yves Garandel, Patrick Charrier, Myriam Delahour, Gao Zengli, Noh Jung Suk, Marguerite Noirel, Albena, Daniel Burgart, Francis Caudron, Michel Lecomte, Alain Colliard, Yvon Neuville, Janou Legoy, Tetsuo Harada, Derzou, Annick Delarue, Karim Jaafar, Manuel Gomes, Patrick Lainé, Pascal Frémond, Michel Buret, Françoise Giannesini… La liste pourrait encore être longue…

Au fil de son histoire, l'association a toujours été chaleureusement soutenue par les différentes municipalités de l'agglomération qui décernent chaque année un certain nombre de prix ainsi que par la presse locale et régionale. Les contributions de l'écrivain Roger Bésus qui consacrait une double page du Journal d'Elbeuf à chaque Salon ne fut pas sans incidence sur le rayonnement de la Société. Sa finesse d'analyse et sa culture donnèrent une nouvelle impulsion au travail de l'équipe. Vers la fin des années 80, Luis Porquet, écrivain et journaliste , prit le relais de Roger Bésus qui n'était autre que son parrain littéraire auprès de la Société des Gens de Lettres de France. Ce dernier finit par doubler l'espace consacré aux échos des Salons dans la presse locale. Au bout de 25 ans, l'écrivain mit fin à cette longue collaboration en proposant à Elisabeth Le Borgne de lui succéder. Depuis le printemps 2013, invoquant des raisons financières, le Journal d'Elbeuf renonce hélas ! à la publication de la critique détaillée des trois Salons que le public pourra désormais retrouver sur le présent site. Signalons aussi le fait qu'à l'origine du Salon d'Automne, pas moins de 27 commerçants-annonceurs défendaient ses couleurs. Aujourd'hui, ils ne sont plus que… 4 ! Les programmes des Salons annonçaient également que la publicité, les toiles et étiquettes étaient offerts gracieusement à l'Amicale par Monsieur Deworm, décorateur à Saint-Aubin-lès-Elbeuf.

Elisabeth LE BORGNE, critique d'art
(Sources : Texte de Claude Lamboy rédigé à l'occasion du 50ème anniversaire du Salon d'Automne et informations réunies par Eliane Grouard, actuelle présidente.)

Photos du salon :






Liste des participants :

ABDOU Michel
ALAZARD Liliane
AXMA 
B.AVRIL Christophe
BACHELET Dominique
BARUBÉ Albert
BESNIER Elisabeth
CARPENTIER Véronique
CASTEL Marie-Thérèse
CAUDRON Francis
CHEVALLIER Etienne
CHRIS DEL 
CHRISTINA 
CORBLIN Alain
DABERT Véronique
DAGORN-HUET Annick
DE LISE Gérard
DEHAYS Maurice
DEJONCKÈRE Yvan
DELESTRE Janine
DEMAREST Charles
DENIS Daniel
DEPERROIS-GOUARD Nicole
DEZERT-LÜHR Françoise
DUBREUIL Patricia
DUTEL-BORDES Colette
DYPRE Ghislaine
DÉVÉ Agnès
EMDÉ 
EMY 
FERRANDO Annie-Claude
FERRERO Joseph
FIGURA 
FREMOND Pascal
GALICHET André
GALLAIS Jean Mary
GENDRON Alain
GILOPPÉ Martine
GRIGNÉ Danièle
GROLAUD Stéphane
HAMELIN Florence
HENRY Hélène
HURARD Josiane
JACQ Corinne
JOHNER Michèle
JOUANDO Anne-Marie
KEREVER Monique
LA BOUKLE 
LANDTHALER Gilbert
LE GAREC Daniel
LE GUILLARME Chantal
LE HENAFF Jean-Bernard
LE HENAFF Marie-France
LE MAI Diem Thuy
LECAMPION Françoise
LEVAILLANT Pascal
LILI 
LOPEZ Thierry
MARIE ANTOINETTE 
MARIE-REINE 
MARION-ROUSSEY Elizabeth
MARY Fabienne
MELANE 
MIJO 
MODULE 
MORINI 
MORISSET Anita
MOTTE Laurent
MUSTEL Laurent
NATIER Jean-Claude
NICO 
NOUCHY Guy
PALIOTTI Lucien
PASCAUD Nadine
PERCHERON Marc
PROVOST Nic
QUESNEY Gérard
QUÉMÉRÉ Jean
RAOULAS Dominique
RIFFLARD Denis
ROGER Frantz
ROQUIGNY Joël
ROULLOIS Georges
SAGY-COMBAS Colette
SOLNON Paulette
TANAY Régis
TAVERNIER Bruno
THIBOUT Patrice
TRACY 
TROXLER Claude
UNBEKANDT Jacques
VANOVERBEKE Pascal
VARDON René
VAUTIER Jean-Louis
VIGNAL Danny
WEISANG Evelyne
ZÉO Isabelle


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